Les généticiens ont réalisé pour la première fois une reconstitution de l'apparence des Dénisoviens, ces hominidés disparus dont les vestiges sont extrêmement rares.
Seulement trois dents, une mâchoire inférieure et un petit os : voilà tout ce que les Dénisoviens nous ont légué. Jusqu'à récemment, leur apparence restait un mystère. Des chercheurs de l'Université hébraïque de Jérusalem ont réussi cette prouesse grâce à l'ADN.
Aux côtés des Homo sapiens et des Néandertaliens, les Dénisoviens peuplaient la Terre il y a environ 100 000 ans. Bien que certains humains actuels portent leur héritage génétique, leurs fossiles sont quasi inexistants.
Fort heureusement, l'ADN contient le "plan de construction" du corps entier. Les scientifiques ont exploité les méthylations de l'ADN – des modifications épigénétiques qui influencent l'expression des gènes sans altérer la séquence ADN elle-même.

Les chercheurs ont comparé les profils de méthylation entre Homo sapiens, Néandertaliens et Dénisoviens. Ils ont identifié les différences et les ont corrélées à des traits physiques via des études existantes liant gènes et phénotypes.
Pour valider leur approche, ils l'ont testée sur des espèces connues : Néandertaliens et chimpanzés. Résultat : une précision de 85 % dans la prédiction de leur apparence. Ils ont ensuite appliqué la méthode aux Dénisoviens, visant les traits principaux plutôt qu'une reproduction exacte.
Les analyses ont révélé 56 caractéristiques uniques aux Dénisoviens, absentes chez Homo sapiens et Néandertaliens. D'autres étaient partagées avec ces derniers, comme un visage prognathe et un bassin large. Une récente publication sur une mâchoire dénisovienne confirme la fiabilité : les prédictions correspondent parfaitement à la description, bien que les chercheurs n'aient pas examiné le fossile eux-mêmes.
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