Les hommes présentant des télomères courts, marqueurs de cellules sénescentes, gèrent moins bien le stress et s'agitent plus rapidement.

Les hommes aux télomères courts, indiquant un vieillissement cellulaire accéléré, affichent une moindre capacité à affronter le stress et deviennent rapidement agités.
Les télomères protègent les extrémités de nos chromosomes. À chaque division cellulaire, ils se raccourcissent progressivement jusqu'à épuisement, entraînant la mort cellulaire. L'enzyme télomérase peut les allonger, mais des télomères courts sont liés à un vieillissement prématuré et à un risque accru de maladies liées à l'âge.
Une étude menée par Andrew Steptoe, de l'University College London, sur 333 personnes âgées de 54 à 76 ans révèle que les hommes âgés avec télomères courts et une activité télomérase élevée – signe de stress cellulaire important – récupèrent moins bien d'un stress aigu. Ils se montrent aussi plus pessimistes et hostiles que ceux aux télomères plus longs ou à faible activité télomérase.
Les participants ont réalisé des tâches stressantes, augmentant leur fréquence cardiaque, tension artérielle et cortisol salivaire. Chez les hommes à fort stress cellulaire, la pression systolique et le rythme cardiaque tardaient à se normaliser après plus d'une heure. Pendant les tâches, leur pression diastolique, fréquence cardiaque et cortisol restaient inférieurs. « Ces réponses atténuées suggèrent une moindre mobilisation des mécanismes de protection physique », expliquent les chercheurs dans PNAS (2020). Un questionnaire complémentaire confirme un moindre soutien social, moins d'optimisme et plus d'hostilité chez ces hommes.
« Notre étude met en lumière le lien entre santé cellulaire, intégrité de l'ADN et santé mentale », déclare Steptoe. Aucune différence n'a été observée chez les femmes, peut-être liée à la testostérone. Les conclusions concernent le stress aigu ; des recherches futures exploreront le stress chronique et son impact sur les télomères et la vision de la vie. (lg)
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