Le développement de la technologie CRISPR-Cas en 2012 a marqué une révolution en biologie. Pourtant, son application efficace reste complexe. De nouvelles variantes, comme celle développée au KU Leuven, changent la donne.
L'ADN est un catalogue génétique contenant toutes les instructions définissant les propriétés d'un organisme : couleur des yeux, forme des feuilles ou résistance bactérienne aux antibiotiques.
Une seule erreur dans l'ADN peut causer une maladie grave.
Composé de quatre bases (A, T, G, C), le génome d'Escherichia coli compte plus de 4,6 millions de paires de bases, contre 6 milliards pour l'humain. Une mutation peut altérer profondément l'organisme, comme dans la mucoviscidose ou la maladie de Huntington. Corriger ces erreurs ou déchiffrer l'ADN exigeait autrefois des mois de travail. CRISPR a tout changé.
CRISPR-Cas est le système immunitaire des bactéries.
Les bactéries se défendent contre les virus qui injectent leur ADN pour se multiplier. CRISPR capture des fragments viraux, les intègre dans sa propre génom (région CRISPR) et produit un ARN guide qui dirige la protéine Cas9 – un ciseau moléculaire – pour couper précisément l'ADN viral.
Cette précision inspire les chercheurs pour éditer l'ADN d'autres organismes.
CRISPR ouvre des possibilités infinies pour modifier l'ADN.
Une coupure d'ADN active la réparation cellulaire. En fournissant un modèle d'ADN modifié, on peut insérer, supprimer ou remplacer des séquences avec une précision remarquable.
Emmanuelle Charpentier, Jennifer Doudna et Feng Zhang ont adapté CRISPR pour éditer l'ADN eucaryote. En 2012, les premiers succès sur cellules humaines lancent la vague. La technique explose, fondant des entreprises et valant le Nobel de Chimie 2020 à Charpentier et Doudna, malgré des débats sur les brevets.
CRISPR corrige les mutations causant maladies génétiques ou cancers, crée des cultures résistantes ou optimise les biocarburants via algues modifiées. Des enjeux éthiques encadrent son usage humain.
Les composants essentiels : protéine Cas9, ARN guide (20 bases ciblant le site) et modèle de réparation.
Mais les "effets hors cible" (coupures indésirables) et l'optimisation posent problème, risquant cancers ou échecs.
Le labo Michiels (KU Leuven Center for Microbial and Plant Genetics, VIB-KU Leuven) combine CRISPR avec la collection Keio : 3985 souches E. coli où un gène est remplacé par un marqueur antibiotique commun.
Un ARN guide unique cible ce marqueur. Procédure en 3 étapes pour gène X :
Le marqueur est remplacé, facilitant sélection (perte de résistance). Résultat en 2 jours, testée par étudiants KU Leuven, Baylor et McGovern Medical Schools. Applicable aux levures, drosophiles.

Développée par Toon Swings (VIB-KU Leuven) et David C. Marciano (Baylor), publiée dans Nature Communications.
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