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Voiture autonome : techniquement réalisable, mais peu plébiscitée par les conducteurs

Pour certains, la voiture autonome représente une abomination ; pour d'autres, une véritable bénédiction. Néanmoins, cette technologie arrive, même si certains constructeurs automobiles restent sceptiques.

Les promoteurs affirment qu'elle rendra la circulation plus sûre, fluidifiera le trafic et facilitera le stationnement. Mais que pensent les conducteurs eux-mêmes ? Une enquête menée par carinsurance.com, une compagnie d'assurance en ligne américaine, révèle que 80 % des répondants ne seraient pas enclins à acheter une voiture autonome. Le manque de confiance en la technologie constitue l'obstacle principal : la majorité estime qu'un humain évalue mieux les situations de circulation qu'un ordinateur.

Un sondage de J.D. Power, spécialiste du marché automobile, confirme ces résultats. Selon Mike Van Nieuwkuyk, chercheur chez J.D. Power, la résistance du public s'est accrue. En 2012, l'émerveillement dominait ; un an plus tard, les doutes sur la fiabilité prévalaient. Seulement un automobiliste sur cinq se dit intéressé. Comment un robot réagit-il face à un conducteur humain ? Les parents hésitent à laisser leurs enfants aller à l'école en véhicule autonome, bien que cela soit techniquement possible en programmant l'itinéraire via le système de navigation.

Des incitations financières ou un confort maximal pourraient changer la donne. L'enquête carinsurance.com indique que 90 % des sondés sauteraient le pas si les primes d'assurance baissaient de 80 %. De même, une voie réservée aux voitures autonomes, évitant les embouteillages, enthousiasme la moitié des répondants, d'après une étude de KPMG et du Center for Automotive Research.

Aspect sécurité

Les défenseurs insistent sur la sécurité. Sebastian Thrun, expert en robotique chez Google, estime que la conduite autonome pourrait réduire les accidents de 90 %, générant d'énormes économies sur les coûts hospitaliers. Cependant, les 10 % d'accidents résiduels coûteraient plus cher en raison des capteurs, radars et caméras coûteux.

Les voitures autonomes ne sont pas encore au point. Après des années de R&D, des incidents persistent. L'an dernier, Volvo et Mazda ont connu des arrêts d'urgence défaillants lors d'essais. Google revendique zéro incident sur ses prototypes testés en Californie, Floride et Nevada, mais ils ne sont pas totalement autonomes. Mercedes-Benz a parcouru 100 km de Mannheim à Pforzheim avec sa S 500 Intelligent Drive, commémorant le voyage de Bertha Benz en 1888. Des interventions humaines ont été nécessaires face à la densité du trafic ; les données alimenteront les algorithmes d'ici 2020.

Humain vs robot

La conduite autonome n'exige plus d'adaptations massives des infrastructures grâce à la communication car-to-car. Mais le risque persiste tant que toutes les voitures ne sont pas connectées : une voiture autonome pourrait éviter un bus scolaire mais heurter un piéton. Qui priorise l'ordinateur ? Les experts affirment qu'un robot est plus fiable qu'un humain, toujours alerte et respectueux des règles.

Des défis technologiques subsistent. Les capteurs LIDAR de Ford scannent la route 2,5 millions de fois par seconde pour une image 3D, mais le traitement algorithmique reste complexe, surtout sous pluie, neige ou chaleur extrême.

Déjà, des modèles roulent en autonomie sur autoroute, maintenant distance et trajectoire. Bientôt, ils suivront sur routes sinueuses, comme démontré par Volvo. Une course s'engage entre Audi, BMW, Ford, GM, Honda, Mercedes-Benz, Nissan et Volvo. Les Suédois lancent un projet pilote avec 100 Volvo autonomes à Göteborg. Qui l'emportera ?

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