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L'autoroute du futur : innovations durables et technologies intelligentes aux Pays-Bas

Première dans la province néerlandaise de Zélande : le village de Sas van Gent inaugure un revêtement routier en bio-asphalte. Avec d'autres avancées, les conducteurs aux Pays-Bas et à l'étranger roulent déjà sur l'autoroute du futur.

Sas van Gent, en Zélande, a reçu vendredi le premier revêtement routier à base de bio-asphalte. Le bitume traditionnel issu du pétrole a été remplacé à moitié par de la lignine, une matière première durable issue des déchets de l'industrie papetière.

"Si cette substance ligneuse fait ses preuves en surface routière, un marché important s'ouvrira pour le bio-asphalte, avec d'énormes gains en durabilité", expliquent des chercheurs de l'université de Wageningen.

La lignine, qui donne sa rigidité aux plantes, est un sous-produit de la production de pâte à papier et peut servir de liant dans diverses applications.

"Nous testerons si la lignine améliore la résistance au roulement de l'asphalte, rendant la route plus silencieuse et réduisant la consommation de carburant, préservant ainsi les énergies fossiles", précise Richard Gosselink, coordinateur du projet.

Moins de feux rouges ?

Après des années de travaux, les automobilistes d'Oss roulent désormais sur une N329 fluide et sans à-coups. Les lampadaires fonctionnent aux panneaux solaires, et la chaleur de l'asphalte est récupérée pour chauffer les bâtiments voisins. L'innovation phare pour les conducteurs est le "Flowman", une vague verte dynamique.

La vague verte classique permet de traverser plusieurs feux au vert en respectant la vitesse limite. À Oss, des LED vertes intégrées à la chaussée clignotent vers l'avant à la vitesse idéale. Les conducteurs n'ont qu'à suivre : dépasser trop vite risque un feu rouge.

Le système démarrera en novembre, une fois l'ordinateur calibré sur le trafic et les temps de parcours.

Asphalte communicant

La route du futur à Oss intègre des marquages routiers éclairés surpassant la simple réflexion pour une meilleure visibilité. Cette peinture photoluminescente stocke l'énergie solaire le jour et émet une lueur verte jusqu'à 10 heures la nuit, grâce à des atomes libérant de l'énergie sous forme de lumière visible.

Dans la même veine, des peintures spéciales brillent au givre : sous zéro, un symbole de cristal de glace apparaît, alertant sur le risque de verglas.

Adieu au verglas en hiver

Pourquoi alerter sur le verglas quand on peut l'éliminer ? À Heino, une piste cyclable chauffée a prouvé son efficacité l'hiver dernier. La chaleur estivale de l'asphalte est stockée sous terre en eau chaude, pompée en hiver pour dégivrer la piste.

Plus coûteuse à installer, elle réduit l'usage de sel et booste la sécurité, évitant chutes et hospitalisations. Limitée aux pistes cyclables pour l'instant, l'idée fut testée sans succès sur autoroute en Belgique il y a 30 ans, les tubes ne résistant pas au trafic lourd.

La société américaine Cargill propose une couche d'époxy avec agrégats rugueux et saumure anti-glace pour une adhérence proactive.

La route, source d'énergie

Capteurs activant l'éclairage, éoliennes exploitant le sillage des véhicules... Ces idées pâles face au projet Solar Roadways : remplacer l'asphalte par des panneaux solaires. Chauffage intégré contre la neige, LED pour balisage adaptatif, verre ultra-résistant comme surface. Un parking test existe en Idaho, mais le coût triplé freine l'adoption.

Alternative : effet piézoélectrique générant électricité sous pression. Plus prometteur, la recharge inductive sans fil pour véhicules électriques, comme pour les brosses à dents, éliminant les arrêts de charge.

Conduire sur du plastique

L'asphalte unit pierres et bitume pétrolier. Des alternatives éco-friendly émergent. En Inde, des milliers de km de routes intègrent des déchets plastiques (sacs, bouteilles), plus résistants à la mousson, durables un an de plus pour un surcoût minime (2 tonnes/km/voie).

À Vancouver, Green Mantra recycle le plastique en granulés cireux améliorant la viscosité : asphalte coulé à 120°C au lieu de 160°C, économisant 20% de carburant. Plusieurs rues réalisées.

Incassable

Pour un asphalte éternel sans gros travaux : l'auto-cicatrisation. À Tilburg, Heijmans intègre de la laine d'acier dans le bitume. Fissures ? Un chauffage inductif (via conductivité de l'acier) le rend visqueux, refermant les brèches. Développé à l'université de Delft, il suffit de réparations tous les quelques années.

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