L'équipe Lotto-Soudal a impressionné lors du contre-la-montre par équipes du Critérium du Dauphiné 2018 en utilisant le "Speed Gel" d'une entreprise limbourgeoise sur les jambes de ses coureurs, réalisant un temps remarquablement rapide. L'UCI l'a ensuite interdit "à titre préventif". Mais ce gel procure-t-il vraiment un avantage ?
Dans cette épreuve, Lotto-Soudal a terminé 3e, à seulement 52 secondes de Team Sky. Avant le départ, des petites boules blanches étaient visibles sur les jambes de la plupart des coureurs (pas sur celles de Tiesj Benoot). L'équipe a confirmé l'utilisation de cette "arme secrète" : le Speed Gel de Naqi, crédité de leur performance.

À 54 km/h, typique d'un contre-la-montre, plus de 90 % de la résistance est due à l'air, composée de résistance de forme (96 %) et de frottement (4 %). La résistance de forme dépend de la position corporelle et de l'écoulement laminaire le long du corps. Une surface rugueuse peut retarder le décollement du flux, réduisant la succion à l'arrière et donc la résistance globale, malgré une légère augmentation du frottement.
Idéalement, une combinaison optimise rugosité aux points critiques de décollement et lisse ailleurs. Comme les conditions varient, on applique un motif rugueux étendu. C'est le principe des skinsuits, comme ceux avec bandes rugueuses aux épaules et bras, comparables aux fossettes d'une balle de golf qui réduisent la traînée.

Le Speed Gel applique ce principe sur la peau : rugosité contrôlée pour un écoulement plus stable.
Contrairement à certains médias, le Speed Gel a un effet mesurable. Il rend la peau rugueuse, retardant le décollement et réduisant la traînée de 3 % selon nos modèles physico-mathématiques, calibrés en soufflerie avec LottoNL-Jumbo et BMC. Les skinsuits Vortex de Team Sky offrent 4-5 % de gain.
Sur 35 km comme au Dauphiné, Vortex gagne ~42 s, Speed Gel ~32 s vs. équipement standard. Avec d'autres équipes équipées, l'impact reste significatif.


L'UCI a suspendu le Speed Gel. Lotto-Soudal s'interroge : pourquoi pas le Vortex de Sky ou une crème solaire ? Ces comparaisons sont infondées. Les règles interdisent les ajouts purement aérodynamiques. Écrans solaires protègent la peau ; skinsuits intègrent la rugosité au tissu (patchwork cousu ou double couche). Speed Gel est un ajout externe, donc prohibé.
Cette distinction crée des zones grises. L'UCI approuve les Vortex malgré leur construction similaire.
Les décisions incohérentes de l'UCI favorisent les abus. Équipes astucieuses pourraient camoufler le gel (sphères transparentes sur maillots, intégration à crème solaire). Contrôles renforcés et règles claires sont essentiels pour l'équité.
Les décisions de l'UCI sont incohérentes et créent une situation floue. Sans clarté, elle ouvre la porte aux abus.
Des directives précises et appliquées uniformément rendraient le cyclisme plus juste. L'UCI saura-t-elle clarifier ?