L'ovipositeur de la guêpe parasitoïde a inspiré le développement d'une aiguille chirurgicale extrêmement fine, flexible et orientable.
En chirurgie, minimiser les dommages aux tissus, vaisseaux sanguins et nerfs est crucial, particulièrement pour les interventions cérébrales ou autour de la moelle épinière. Des chercheurs de la TU Delft ont exploré la nature pour concevoir une telle aiguille et ont collaboré avec l'Université de Wageningen.
L'aiguille se déplace indépendamment à travers les tissus, sans poussée extérieure.
Sander Gussekloo et Uros Cervenik, de Wageningen, ont identifié la guêpe parasitoïde comme modèle idéal. Ces insectes pondent leurs œufs dans les larves d'autres insectes, cachées dans plantes, arbres ou fruits, grâce à un tube creux flexible attaché à leur abdomen, capable de percer les obstacles avec précision.
En filmant les guêpes pondre dans un gel transparent, les chercheurs ont découvert que l'ovipositeur comprend trois parties coulissantes qui se déplacent alternativement. Cela permet des virages fluides autour des obstacles durs et un avancement autonome, comme un sciage intégré.

Paul Breedveld, Dimitra Dodou et Marta Scali, de la TU Delft, ont reproduit ce mécanisme avec sept tiges ultra-fines mobiles indépendamment. « Notre aiguille avance seule dans les tissus, sans poussée externe », explique Breedveld. Cela ouvre des interventions précises dans les zones profondes du corps.
Actuellement limitée aux virages doux – le contrôle précis des angles vifs reste à élucider, sans muscles dédiés mais via les muscles abdominaux –, l'aiguille promet des avancées. Les chercheurs visent son intégration à des systèmes de délivrance de médicaments inaccessibles.