Comment la rénovation des logements peut-elle booster la reprise économique après le COVID-19 ? Quelles mesures de relance sans regret pour les bâtiments flamands allient relance rapide et durabilité ? Peut-on accélérer ce processus pour un scénario gagnant-gagnant, ou existe-t-il des conflits d'intérêts ?
Alors que nous évaluons l'impact économique, social et psychologique majeur de la crise COVID-19, les débats sur la reprise s'intensifient.
Le plan de relance socio-économique flamand post-corona met l'accent sur des investissements durables à effet rapide.[i] Il exploite pleinement les opportunités du Green Deal européen via le Fonds de relance.
La Renovation Wave,[ii] pilier du Green Deal, positionne la rénovation du bâti comme clé de l'activité économique.[iii] L'UE priorise la rénovation urgente des bâtiments et infrastructures pour combattre le changement climatique, sortir des millions d'Européens de la précarité énergétique et offrir des espaces de vie et de travail sains, confortables et abordables.[iv]
Des pays comme le Danemark[v], l'Autriche[vi], l'Espagne[vii] et l'Italie[viii] intègrent les rénovations énergétiques au cœur de leurs plans de relance. Le Danemark investit 4 milliards d'euros d'ici 2026 pour rénover 72 000 logements, combinant emplois et objectifs durables. Une telle stratégie pourrait-elle devenir un pilier flamand, vu que 95 % du parc immobilier flamand nécessite une rénovation d'ici 2050 ?[ix]

Avec 190 000 chômeurs supplémentaires attendus,[x] la crise frappe durement. Le secteur de la construction flamand (200 000 emplois, nombreuses PME locales) résiste bien. Pour les objectifs de rénovation, il faut tripler le rythme à 90 000 logements/an, mobilisant 250 000 travailleurs supplémentaires.[xi] Accélérer cela impulse l'économie, à condition d'innover pour des processus plus efficaces, rapides, abordables et attractifs.
Les calculs de VITO/EnergyVille indiquent qu'un plan ambitieux nécessite 2,4 à 8,4 milliards d'euros/an pour des réductions de CO2 de 50 à 80 % d'ici 2050 (voir Figure 1). Basés sur neuf quartiers représentatifs, ils optimisent les mesures (isolation, panneaux solaires, pompes à chaleur).

Quel plan pour la Flandre ? Comment éviter les verrouillages et la destruction de valeur, prioriser les bâtiments et assurer la pérennité des mesures, maximisant profits individuels et sociétaux ?
Privilégier des mesures à retours rapides pour propriétaires et société, alignées sur les objectifs climatiques. Préférer des rénovations sur-mesure à une uniformisation. L'équilibre optimal (réduction de demande, approvisionnement durable, gestion intelligente) varie par bâtiment et quartier.
La modélisation VITO/EnergyVille montre un coût par tonne de CO2 réduit d'un tiers via des combinaisons optimales au niveau système.
Les freins pratiques et financiers exigent des solutions : regroupements, guichets uniques, financements intelligents.[xii] Prioriser logements sociaux, écoles et infrastructures renouvelables (réseaux de chaleur). Publics, ces investissements assurent une transition juste.
Tous les bâtiments ne méritent pas rénovation : certains sont trop dégradés ou mal situés. Démolition-reconstruction ou requalification sont préférables.

Probablement non rénovable, emplacement inadapté : la politique spatiale doit proposer des solutions pour plus de qualité de vie et environnement.
VITO/EnergyVille explore cela pour l'aménagement flamand.[xiii] Une politique spatiale à moyen terme est essentielle, incluant des "scénarios d'extinction". La vague de rénovation post-COVID cible les bâtiments viables – un défi majeur.
COVID-19, climat et santé posent un dilemme. Privilégier banlieue et voiture individuelle aggraverait imperméabilisation, embouteillages, consommation énergétique...
Des mesures intelligentes pour environnements denses boostent qualité de vie et résilience. Maintenir efforts en urbanisme durable, climat, nature, eau et air pur.
Une densité bien pensée dissipe les craintes ville-pandémie. De multiples typologies durables existent, inspirées d'études flamandes.[xiv]
Aborder par quartiers amplifie bénéfices : moins de dépendance énergétique, pollution réduite, emplois locaux...
Le SERV flamand insiste sur partenariats régionaux/locaux pour quartiers à énergie positive.[xv]
La rénovation intègre verdure, eau et résilience climatique. Exemple : Tour Bois-le-Prêtre à Paris, avec terrasses végétalisées rendant le confinement supportable.[xvi]
Ces investissements visent un triple objectif : relance immédiate, robustesse et durabilité à long terme.

Les défis durables s'abordent à l'échelle urbaine pour une qualité de vie future (simulation BUUR / Louvain 2030).

Densité, énergies renouvelables et qualité de vie élevée coexistent (Caserne de la Bonne, Grenoble).