Mini-hélicoptères, bateaux silencieux, cabanes camouflées : l'équipe de De Nieuwe Wildernis a déployé des moyens exceptionnels pour immortaliser la vie sauvage des Oostvaardersplassen, en Flevoland.

Mini-hélicoptères, bateaux silencieux, cabines de caméra : les créateurs de Le nouveau désert ont tout mis en œuvre pour ce documentaire sur la faune des Oostvaardersplassen, en Flevoland. « Nous voulions dépeindre nos personnages principaux sous toutes leurs facettes », explique le réalisateur Ruben Smit.
« J'essaie de repousser les limites de la photographie naturaliste », confie un jour le photographe néerlandais Ruben Smit. Dans De Nieuwe Wildernis, il comble l'écart entre fiction et documentaire en tant que réalisateur et caméraman. Il y a quinze ans, un projet similaire pour la réserve naturelle du Flevoland avait échoué. En 2010, le producteur Ton Okkerse (EMS Films) relance l'idée. Avec Smit, ils convainquent le Staatsbosbeheer, l'agence gérant la zone. « Nous promotions la région gratuitement en échange d'un accès exclusif total », raconte Smit.

L'équipe de dix personnes, dirigée par Smit, a tourné pendant deux ans avec des techniques de pointe. Les caméras Red One, utilisées dans The Hobbit ou The Social Network, offrent un rendu cinématographique en 2K voire 4K. « Cela permet des ajustements précis en post-production, comme le réglage des couleurs », précise Smit. Pourtant, en extérieur, ces caméras ont leurs limites : « Un hiver, nous avons tourné à -25 °C, alors que la Red One supporte jusqu'à -10 °C. Heureusement, la scène était bouclée ! », rit-il.
« Avec des drones, nous avons filmé un troupeau de chevaux en pleine course »
Les time-lapses, essentiels pour les films nature, exigent une haute résolution. Paul Klaver s'en est chargé : une fleur qui s'ouvre ou un nuage qui file, capturés image par image (toutes les 6-8 secondes pour les nuages, toutes les 30 minutes pour une nymphose). Seuls 10 % réussissent, mais ils dynamisent le film.
Hélicoptère-drone
Inversement, les caméras haute vitesse (jusqu'à 1 500 images/seconde) ralentissent les actions rapides : vol de papillon, plongeon de martin-pêcheur.
Les drones – hexacoptères et octocoptères sur mesure – filment là où l'homme ne peut aller : plans à 10 mètres de hauteur, comme un galop de chevaux. Une vidéo YouTube montre un crash évité de justesse : « Ne volez pas trop près des arbres ! », conseille le pilote Michael Sanderson.
Cabanes dans les zones humides
Dans les marais centraux, cuissardes, canoës et bateaux électriques silencieux (« chuchoteurs ») permettent des approches discrètes. Une perche avec caméra (polecam) filme même sous l'eau, évitant les plongées inutiles. Cinq cabanes en bois, construites en deux mois chacune, abritent l'équipe pour des guets de 24h pour 40 secondes d'images. Verre miroir et télécommandes radio camouflent les intrusions ; batteries externes assurent 3h30 d'autonomie. Un renard a même emporté une caméra, se filmant lui-même – images cultes sur YouTube !

Animaux stars
Préparation minutieuse : script quasi hollywoodien avec « casting » d'animaux (renard, martins-pêcheurs, pygargue). Cinq « personnages principaux » incarnent amour, tristesse, rivalité. Musique de Bob Zimmerman, thématiques à la Pierre et le Loup.
Outre le film (97 min), une série TV en 3 parties explore l'écosystème. Sur 300h tournées, 20h utiles. Teasers rivalisent avec la BBC.
Le nouveau désert
Réserve unique de 6 000 ha près d'Amsterdam : roseaux, prairies, chevaux koniks, martins-pêcheurs, renards... Suivis sur une année. Voix flamande : Johan Heldenbergh. Recettes pour la Grote Netewoud en Campine.
Sortie le 25 septembre à Kinepolis. Eos offre 25 billets duo (répondez au quiz via lien).

Renard voleur
Un renard curieux embarque la caméra : fatal pour l'appareil, jackpot pour des séquences uniques !