Une ferme de tomates durable et high-tech produira 15 000 tonnes de tomates dans le désert australien. Les ingrédients essentiels : le soleil abondant et l'eau de mer.
Une immense serre permettra de cultiver sans nappe phréatique, sans sol ni électricité, grâce à des plantes de dessalement et 23 000 miroirs captant l'énergie solaire. Première du genre, cette installation résulte de six années de recherche menée par des scientifiques du monde entier.
Sans eau souterraine, gaz ni électricité
Contrairement aux serres classiques qui dépendent des eaux souterraines pour l'irrigation, du gaz pour le chauffage et de l'électricité pour le refroidissement, la vaste véranda de 20 acres de Sundrop Farms s'en affranchit. Tout repose sur la lumière solaire, omniprésente dans le désert du sud de l'Australie.
Un champ de 23 000 miroirs concentre les rayons sur une tour de 115 mètres, générant de la chaleur pour produire de l'énergie. Avec une capacité de 39 mégawatts, cette installation pompe l'eau de mer du golfe Spencer, à 2 km de distance, et la désalinise pour l'irrigation.
Sans sol ni pesticides
L'eau de mer sert aussi à ventiler la serre, purifiant et stérilisant l'air sans pesticides. Inutile même d'avoir du sol : les plants de tomates poussent en hydroponie sur de la fibre de coco. En été, un refroidissement par évaporation d'eau maintient des conditions optimales.
Des défis à relever
Cette ferme innovante n'est pas exempte d'inconvénients. Les capteurs solaires risquent d'impacter la faune locale, comme en témoignent les morts d'oiseaux heurtant les miroirs dans des installations similaires.
Le coût initial est élevé : environ 200 millions d'euros. Cependant, les développeurs assurent une rentabilisation rapide grâce à une meilleure prévisibilité des coûts par rapport aux fermes traditionnelles.
Ce projet pionnier inspirera de futures fermes autonomes, répondant à la pénurie d'eau croissante et à la hausse des prix de l'énergie.