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Retour du loup en Flandre : comment assurer une cohabitation réussie ?

Nous devons nous préparer à une présence permanente des loups en Flandre, insiste Chris Steenwegen, directeur général de Natuurpunt. Sans cela, l'enthousiasme initial pourrait vite tourner à l'opposition.

Outre le plan loup flamand, il faut investir dans de vastes espaces naturels contigus. Ces zones offrent un refuge sûr aux grands mammifères comme les cerfs, chevreuils, loutres, castors et loups. Le gouvernement doit créer un cadre favorisant la coexistence entre humains et animaux sauvages. Sinon, ces espèces risquent de devenir une nuisance et d'être éliminées rapidement. Nos grands prédateurs paraissent robustes, mais ils sont en réalité très vulnérables.

Retour du loup en Flandre : comment assurer une cohabitation réussie ?Retour du loup en Flandre : comment assurer une cohabitation réussie ?

Le premier loup a été observé à Kempen-Broek, réserve naturelle transfrontalière à Bocholt (Limbourg). Actuellement nomade, il pourrait s'établir durablement plus tôt que prévu. Mieux vaut anticiper, selon Chris Steenwegen.

Le retour du loup suscite l'excitation : symbole de la force sauvage de la nature, ancêtre du chien et star des récits mythiques. Apparaissant fascinant, il joue un rôle clé en tant que superprédateur au sommet de la chaîne alimentaire. Les loups ont leur place en Flandre.

Selon l'étude de José Vicente López-Bao publiée en 2020 dans Science, les loups s'établissent avec une nourriture abondante (sangliers, chevreuils), des aires de repos et une protection contre la chasse – conditions réunies en Flandre, où ces proies pullulent.

Ce premier signal était attendu. Comme en France et en Allemagne, l'installation permanente n'est qu'une question de temps.

L'inscription du loup sur la liste des espèces protégées par la ministre Schauvliege était une avancée. Il faut désormais un vrai plan loup, inspiré de l'Allemagne et des Pays-Bas : soutien aux éleveurs, prévention des dommages, écoducs pour des déplacements sécurisés.

La coexistence est possible, comme prouvé dans les Abruzzes (Italie centrale) : chiens de protection, clôtures solides et indemnisations. En Allemagne, le projet "Wilkommen Wolf" assure une acceptation pacifique via protection, compensations et sensibilisation.

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