Danielle Renwick est rédactrice en chef de Nexus Media News, où elle supervise les articles d'actualité, les projets journalistiques et les partenariats médias. Cet article a été initialement publié sur Nexus Media News, un service d'information à but non lucratif dédié au changement climatique.
Si vous possédez une cuisinière à gaz, elle fuit probablement du méthane en ce moment même.
Un rapport récent de l'Université Stanford révèle que les cuisinières à gaz, anciennes comme neuves, émettent en continu du méthane, principal composant du gaz naturel. Ces fuites, issues de 40 millions d'appareils aux États-Unis, équivalent climatiquement à l'ajout de 500 000 voitures à essence sur les routes.
"La simple présence des brûleurs génère ces émissions de méthane", explique Eric Lebel, chercheur chez PSE Healthy Energy et auteur principal de l'étude. "Plus de 75 % des émissions se produisent poêle éteint. Ces micro-fuites s'accumulent de manière significative."
Ces fuites, non explosives (bien que 284 incidents majeurs de gazoduc aient été recensés en 2020, causant 15 décès et 300 millions de dollars de dommages), contribuent aux 10 % des émissions de carbone américaines liées à la combustion de combustibles fossiles pour le chauffage et la cuisson.
L'étude s'appuie sur des recherches croissantes montrant que les cuisinières à gaz, présentes dans un tiers des foyers américains, aggravent le changement climatique tout en exposant des millions de personnes à des polluants favorisant asthme et maladies cardiovasculaires.
Les chercheurs de Stanford ont mesuré une accumulation rapide de dioxyde d'azote (NOx) dès l'allumage des brûleurs.
"Les NOx et polluants issus de la combustion s'accumulent instantanément", précise Rob Jackson, professeur à Stanford et co-auteur. "Dès l'allumage, l'air intérieur est pollué, dépassant souvent en minutes les seuils de l'OMS."
Un rapport 2020 du Rocky Mountain Institute (RMI) indique que les foyers avec cuisinière à gaz affichent 50 à 400 % de NOx en plus, 30 fois plus de monoxyde de carbone et deux fois plus de PM2,5 que les autres.
"Ces polluants invisibles polluent nos intérieurs sans repères clairs", note Brady Seals, auteure principale du rapport RMI. L'EPA régule l'air extérieur, mais pas l'intérieur ; l'OMS a durci ses directives en 2021.
"Avec les nouvelles normes OMS sur le NO2, aucune maison neuve avec cuisinière à gaz ne respecterait les limites", estime Seals.
Une méta-analyse de 2013 montre que les enfants dans des foyers à gaz ont 42 % plus de risques de symptômes asthmatiques et 24 % plus de diagnostics d'asthme à vie.
"Ces appareils sont néfastes pour la santé, surtout les cuisinières à gaz", alerte la pédiatre Lisa Patel de Stanford. "NO2 accroît l'asthme chez les enfants, CO menace les cœurs fragiles, PM2,5 réduit l'espérance de vie et cause naissances prématurées."
Les hottes protègent partiellement, mais seulement 35 % des foyers californiens les utilisent efficacement, selon une enquête.
Les ménages modestes, noirs et autochtones, déjà exposés à la pollution extérieure, risquent plus avec la pollution intérieure dans petits logements surpeuplés.
Stanford a testé 53 maisons californiennes avec 18 marques de poêles (3 à 30 ans) : performances identiques pour méthane et NOx.
Cette étude coïncide avec des interdictions locales de gaz dans les nouvelles constructions, comme à New York (2023), Berkeley ou Brookline.
L'industrie gazière contre-attaque : 20 États républicains (Floride, Pennsylvanie, Texas) bloquent ces mesures.
Rob Jackson prévoit des études locales pour promouvoir l'électrification des bâtiments.
Eric Lebel veut déconstruire le mythe du "gaz propre" : "Mieux que le charbon, oui, mais des alternatives électriques sont supérieures pour climat, santé et sécurité."