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Changement climatique : les Jeux olympiques d'hiver menacés par une 'fine couche de glace'

L'hiver se transforme partout dans le monde, avec des alternances entre journées exceptionnellement chaudes, chutes de neige soudaines, tempêtes imprévues et sécheresses neigeuses croissantes. Ces conditions météorologiques instables, exacerbées par le changement climatique, nuisent à la santé publique et impactent gravement les sports d'hiver.

Au-delà des loisirs comme la luge dans un jardin enneigé, le réchauffement rend les événements sportifs fiables rares, même dans les meilleurs spots de ski, snowboard et luge. L'avenir des Jeux olympiques d'hiver pourrait s'avérer catastrophique.

Un rapport récent publié dans Current Issues in Tourism évalue les 21 sites hôtes précédents des JO d'hiver. Seuls Sapporo (Japon, 1972) pourrait accueillir des compétitions sûres et équitables d'ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre suivent leur trajectoire actuelle, selon les chercheurs. Dans un scénario optimiste de l'Accord de Paris, neuf sites seulement le seraient vers 2080.

Les auteurs ont analysé les impacts climatiques et interrogé 339 entraîneurs et athlètes d'élite pour définir un cadre "sûr et fiable". Ils ont évalué 23 paramètres météo (température, quantité et type de neige, vent, pluie, brouillard) sur une échelle de idéal à dangereux. Une couverture neigeuse faible et irrégulière est jugée la plus pénalisante.

89 % des répondants estiment que le changement climatique altère les conditions sportives, et 94 % craignent pour l'avenir de leur discipline.

"Le monde des sports d'hiver évolue avec l'accélération du changement climatique. Les athlètes et entraîneurs que nous avons interrogés constatent ces impacts sur les sites d'entraînement et de compétition, y compris les JO", déclare Daniel Scott, professeur de géographie et gestion environnementale à l'Université de Waterloo.

Historiquement, les températures moyennes des villes hôtes en février ont grimpé : 0,4 °C (1920-1950), 3,1 °C (1960-1990), 6,3 °C au XXIe siècle. Même avec les objectifs de Paris, +1,9 °C d'ici 2050 ; pire scénario : +4,4 °C en 2080. L'Europe centrale semble exclue à long terme.

"Le changement climatique redessine la géographie des JO d'hiver et écarte certaines villes emblématiques", note Robert Steiger de l'Université d'Innsbruck.

Les JO récents en souffrent déjà : enneigement artificiel dès 1980, import de neige à Vancouver 2010, stocks sous bâches à Sotchi 2014 (80 % artificielle), 90 % à PyeongChang 2018. Pékin 2022 dépendra à 100 % de neige artificielle, aggravant la sécheresse locale.

La Chine pourrait consommer 49 millions de gallons d'eau traitée chimiquement, selon un rapport du Sport Ecology Group (Loughborough) et Protect Our Winters. "Énergivore et aquavore, cette neige est imprévisible et dangereuse", soulignent les experts. Rosie Brennan (skieuse US) note son comportement différent : plus glacée et dure.

Ignorer le climat ferme des stations, booste incendies et sécheresses, alerte Sören Ronge (Protect Our Winters Europe). "Priorité aux énergies et transports propres, sinon adieu aux sports d'hiver olympiques et familiaux." Les JO de Pékin durent du 4 au 20 février ; 2026 à Milan-Cortina.

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