Le changement climatique réchauffe les hivers aux États-Unis, avec des températures globalement plus élevées, moins de jours sous zéro et une réduction des jours de grand froid.
Si cela peut sembler agréable pour certains – moins de manteaux épais et de déneigement –, l'industrie des sports d'hiver et du tourisme en souffre gravement. Aux États-Unis, 23 millions d'Américains pratiquent ces sports annuellement, générant 12,2 milliards de dollars de dépenses. Lors de la saison 2015-2016, 20 millions de personnes ont skié, fait du snowboard ou de la motoneige. Cela inclut aussi le ski de fond, le patinage, la raquette, ainsi que des événements majeurs comme l'Iditarod ou les Coupes du monde de ski et snowboard.
Selon des projections modérées (RCP 4,5), la température mondiale moyenne augmentera de 4,3 °F d'ici 2100 par rapport à l'ère préindustrielle. Le scénario RCP 8,5 (« business as usual ») prévoit même +8,8 °F.
Pour analyser ces effets, Protect Our Winters (avec REI Co-op) a publié en février 2018 le rapport "The Economic Contributions of Winter Sports in a Changing Climate". Stacker s'en est inspiré pour lister 15 impacts, basés sur des données fiables, et anticiper l'avenir des hivers et activités hivernales.
1 / 15Les hivers se réchauffent surtout aux extrémités de saison. « Mon inquiétude porte sur les bords de saison, pas le cœur », note Eric Mamula, maire de Breckenridge (Colorado). Des printemps plus chauds accélèrent la fonte des neiges, fermant précocement les pistes. Dans les Rocheuses, 25 % des skieurs viennent en mars : une perte économique majeure.
Déjà en 2012, une étude de Protect Our Winters et NRDC estimait les coûts à 1,07 milliard de dollars annuels pour l'industrie.
2 / 15La neige arrive plus tard, fond plus tôt et diminue globalement. La vallée de Mountain Washington (New Hampshire) a connu son hiver le plus sec en 2015-2016. Les zones à températures hivernales de 23-41 °F sont les plus vulnérables, avec plus de pluie que de neige.
3 / 15Le climat n'est pas uniforme : moins de neige en moyenne, mais plus de tempêtes massives. Des irruptions d'air froid dans un air plus humide (réchauffé) favorisent des chutes exceptionnelles, comme « Snowmageddon » à Washington en 2010.
4 / 15Sierra-at-Tahoe (sans neige artificielle) a subi une saison faible en 2014-2015, puis des tempêtes en 2016 fermant routes et coupant l'électricité. « Trop de neige, plus de courant, autoroutes fermées », témoigne Cheryl Paduano, entrepreneure locale.
5 / 15Le Birkebeiner américain (Birkie), plus grand marathon de ski de fond en Amérique du Nord (Wisconsin), a été annulé en 2017 pour chaleur anormale – seulement la 2e fois depuis 1973. Il génère 25 millions de dollars. « Une annulation isolée passe, mais récurrente change les habitudes », avertit Ben Popp, ex-directeur.
[Photo : Marathon Vasaloppet, Suède, 12 mars 2012.]
6 / 15Skieurs, snowboarders et motoneigistes injectent 20,3 milliards de dollars annuels (hôtels, restos, etc.). Années neigeuses : +692,9 millions ; faibles : -1 milliard.
7 / 15Neige abondante : +11 800 emplois ; faible : -17 400. Le ski et la motoneige soutiennent 191 000 emplois (6,9 milliards de dollars), plus 27 000 indirects (2,8 milliards).
8 / 15Moins de neige érode la fiabilité perçue, freinant achats de forfaits saisonniers.
9 / 15Dans la vallée du mont Washington, passes multi-domaines avec 50 % de réduction. Microclimats variés rassurent : « Plus de confiance pour acheter », dit Breanne Torrey (Jackson Ski Touring).
10 / 15Cette course mythique (Alaska) génère des millions (26 en 2016 ajustés). En 2015-2017, manque de glace : départ à Fairbanks, déplaçant revenus du sud au nord.
11 / 15Fonte accélérée booste VTT et golf tôt, au détriment du ski fin de saison (Breckenridge).
12 / 15Le « surplus consommateur » (différence entre prix payé et valeur perçue) diminue : moins de jours, moins d'agrément.
13 / 15Soda Springs (Californie) promeut histoire locale (Donner Pass) via panneaux et monuments, financés par stations.
14 / 15Arapahoe Basin (Colorado, 10 780 pieds) : saison faible 2011-2012 (-1 mois). Réponse : centre enfants, resto rénové, événements estivaux.
[Photo : Parcs aquatiques intérieurs comme options.]
15 / 15Arapahoe : éclairage LED, enneigement optimisé, défi NSAA. Breckenridge : 4 M$ en transports verts. 75 % des stations US investissent en durabilité.