Le changement climatique impacte également les populations d'animaux censés être peu sensibles à ses effets.

Selon les données du Bureau central des statistiques (CBS) des Pays-Bas, le changement climatique réduit les populations d'espèces animales « neutres », qui ne devraient pas être affectées. Les espèces friandes de froid disparaissent, tandis que celles aimant la chaleur prolifèrent.
Les chercheurs du CBS ont analysé l'évolution des populations animales depuis 2000. Résultat : +12 % d'espèces thermophiles (aimant la chaleur), -18 % pour les espèces « neutres » et -40 % pour les espèces psychrophiles (aimant le froid). Cela concerne papillons, oiseaux, organismes unicellulaires et mammifères.
Paul Opdam, professeur d'écologie et d'aménagement du territoire à l'Université de Wageningen, explique ce déclin inattendu des espèces « neutres » – celles dont les Pays-Bas se situent au centre de l'aire de répartition, rendant la température peu influente.
« Les Pays-Bas sont au milieu de leur aire de répartition, la température a donc peu d'impact. Mais d'autres facteurs entrent en jeu : événements météorologiques extrêmes plus fréquents, changements des précipitations, végétation plus dense ou croissance accélérée. Certaines espèces ne s'adaptent pas », précise Opdam.
Aux limites des aires de répartition, le réchauffement fait disparaître les espèces friandes de froid au sud et favorise leur reproduction au nord. Les thermophiles envahissent ainsi progressivement les territoires libérés.
Opdam insiste : de nombreuses recherches sur les effets directs et indirects du changement climatique sont en cours.