Le lièvre d'Amérique change sa fourrure en blanc l'hiver pour se camoufler contre la neige et échapper aux prédateurs. Cependant, le raccourcissement des saisons enneigées dû au changement climatique le rend de plus en plus vulnérable, d'après une étude menée par des biologistes de l'Université du Montana.

Adaptation insuffisante face au climat
Contrairement au lapin qui peut se réfugier dans son terrier, le lièvre d'Amérique, vivant notamment dans les Rocheuses, doit se fondre dans son environnement pour éviter les prédateurs comme les renards. Il mue sa fourrure brune en blanche en hiver et inversement au printemps, une stratégie vitale pour sa survie.
Les chercheurs, dont Scott Mills, ont équipé une cinquantaine de lièvres d'émetteurs radio et les ont suivis sur trois hivers. Ils ont comparé deux saisons extrêmes depuis 1970 : 2010 avec seulement 160 jours de neige, et 2011 avec 190 jours. Chaque semaine, ils ont évalué la correspondance entre la couleur de la fourrure et l'environnement.
Les résultats montrent que les lièvres ne s'adaptent pas assez vite. Leur mue commence toujours autour du 10 octobre et du 10 avril, indépendamment de la couverture neigeuse. "Ils ajustent légèrement leur vitesse de mue en fonction des températures, mais cela reste insuffisant", explique Scott Mills. Les modèles climatiques prévoient une saison de neige raccourcie d'un mois d'ici 2050, exposant les lièvres à 36 jours sans camouflage, et le double d'ici la fin du siècle.
Les scientifiques étudient désormais le taux de prédation accru pour les lièvres mal camouflés. À long terme, cette pression sélective pourrait favoriser une adaptation : "Les lièvres subiront une forte sélection pour ajuster leurs dates de mue", conclut Mills. (rvb)
[]