Deux biologistes norvégiens et un Français remettent en cause une étude scientifique influente affirmant qu'un habitat océanique plus chaud entraînerait des poissons plus petits.

Fin 2012, des chercheurs américains et canadiens ont publié une vaste étude sur les impacts du réchauffement des océans sur la vie marine. Leur conclusion : le poids moyen des poissons pourrait diminuer de 14 à 24 % d'ici 2050, selon les espèces. Dans le scénario le plus extrême, certains poissons pourraient peser jusqu'à un quart de moins.
Cette étude, au fort facteur d'impact et largement citée, est désormais contestée par ces trois experts. Sans pointer d'erreurs de calcul, ils critiquent les hypothèses sous-jacentes, comme la géométrie de la surface branchiale ou la limitation de la croissance par la capacité respiratoire sous-marine.
Les biologistes s'étonnent que ces erreurs aient échappé à l'examen par les pairs de Nature Climate Change.
Ils sont surpris que ces failles n'aient pas été relevées par les pairs lors de la revue, ni par les nombreux ichtyologues ayant consulté l'étude.
Les poissons deviendront-ils plus petits avec le réchauffement ? Les trois biologistes n'excluent pas que les conclusions de 2012 soient justes, mais soulignent l'absence de preuves solides à ce jour.