La vie à la campagne au Moyen Âge n'était guère meilleure qu'en ville.

La ville médiévale est souvent associée à un manque d'hygiène, des épidémies et la surpopulation. Pourtant, aux Pays-Bas, la vie rurale n'était pas meilleure.
C'est la conclusion de la thèse de l'historienne néerlandaise Rachel Schats, docteure de l'Université de Leiden début 2022. Elle a analysé les "facteurs de stress" – marqueurs osseux de maladies et malnutrition – sur près d'un millier de squelettes du début et de la fin du Moyen Âge. Provenant de fouilles du XXe siècle, ces restes représentent des citadins (Alkmaar, Dordrecht, Delft) et des ruraux (Frise-Occidentale, Zélande). Cette répartition spatiale et temporelle permet une comparaison claire entre zones urbaines et rurales, marquée par la croissance des villes en fin de période.
Des facteurs de stress uniformément répartis
Les marqueurs de stress sont équitablement distribués entre ruraux et urbains, indiquant que tous souffraient de maladies et maux physiques. La campagne n'était pas l'idylle saine imaginée dans les paysages médiévaux préservés.
Des pathologies spécifiques
Des différences émergent : tibias plus aplatis chez les ruraux, signe de longues marches ; arthrose fréquente chez les femmes rurales, liée au dur labeur agricole. Les citadins étaient plus exposés aux infections comme la tuberculose. À Alkmaar, de nombreuses caries suggèrent un accès accru à fruits, sucre et miel en ville, tandis que la malnutrition dominait en milieu rural.
[]