FRFAM.COM >> Science >> Histoire

Le dodo n'était pas seul : plus de 1 300 espèces d'oiseaux éteintes après l'arrivée des humains dans le Pacifique

Les oiseaux se sont éteints sur les îles de l'océan Pacifique après l'arrivée des humains.

Le dodo n était pas seul : plus de 1 300 espèces d oiseaux éteintes après l arrivée des humains dans le Pacifique

Sur les îles tropicales du Pacifique, les oiseaux ont disparu massivement suite à l'arrivée des humains.

Il y a environ 4 000 ans, les îles tropicales du Pacifique, comme Hawaï, Fidji et Samoa, étaient vierges de toute présence humaine. Ces régions étaient parmi les dernières non habitées par l'homme. L'arrivée des humains a causé des dommages irréparables : déforestation intensive et chasse excessive ont entraîné l'extinction de plus de 1 000 espèces d'oiseaux, principalement des ratites incapables de voler. C'est la conclusion des biologistes de la Zoological Society of London (ZSL). Quelques siècles plus tard, les explorateurs européens ont reproduit ce schéma, le dodo de l'île Maurice en étant la victime emblématique. Les navigateurs hollandais l'ont totalement éradiqué.

Le nombre exact d'espèces d'oiseaux disparues reste incertain. Les biologistes britanniques ont utilisé une méthode statistique rigoureuse : ils ont analysé des fossiles sur 41 îles tropicales, comparant les restes fossiles aux espèces actuelles. En extrapolant à partir des espèces vivantes sans fossiles, ils estiment le nombre d'espèces éteintes sans trace.

Ils ont identifié la disparition de 160 espèces d'oiseaux non volants après l'arrivée des humains. En étendant cette analyse aux autres îles du Pacifique et à d'autres groupes comme les oiseaux de mer et les passereaux, les chercheurs évaluent le total à 1 300 espèces. Cela représente les deux tiers des oiseaux terrestres insulaires et 10 % des espèces aviaires mondiales. Parmi les victimes notables : le mao-nalos, une grande ralle hawaïenne, ou le Sylviornis de Nouvelle-Calédonie, un oiseau de 30 kg incapable de voler.

Les îles les plus petites et sèches étaient les plus vulnérables, car la déforestation y était plus rapide et les refuges pour les oiseaux plus limités. Cette étude est publiée dans PNAS cette semaine. (rvb)

[]