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Homo naledi : enterrement rituel ou homicide ? Une hypothèse sceptique sur les fossiles sud-africains

Deux ans après leur découverte dans une grotte sud-africaine, des chercheurs ont attribué 1 500 fossiles à une nouvelle espèce humaine : Homo naledi.

Homo naledi : enterrement rituel ou homicide ? Une hypothèse sceptique sur les fossiles sud-africains

Découverte d'un fossile : Homo naledi, un ancien parent humain aurait peut-être enterré ses morts (Reuters). Cette nouvelle archéologique sensationnelle, relayée par les médias en septembre, repose sur un article où le paléoanthropologue Lee R. Berger, de l'Université du Witwatersrand à Johannesburg, présente une nouvelle espèce humaine découverte dans la chambre Dinaledi de la grotte Rising Star, en Afrique du Sud.

Plusieurs éléments invitaient à la prudence dès le départ. L'âge des fossiles n'était pas encore déterminé, rendant impossible leur placement précis dans l'arbre évolutif. Les mains, poignets et pieds évoquent ceux des humains modernes de petite taille, tandis que le volume cérébral est proche de celui des australopithèques comme Lucy. Cette combinaison suggère-t-elle une nouvelle espèce ou une variante d'espèces connues ?

Au lieu de publier dans Science ou Nature, revues de référence pour les grandes découvertes paléoanthropologiques, l'article paraît dans eLife, une plateforme ouverte avec un examen par les pairs moins rigoureux. De plus, l'analyse des 1 550 fossiles (au moins 15 individus) est publiée seulement 18 mois après les fouilles de 2013-2014, un délai inhabituellement court.

Le soupçon d'un « dépôt délibéré de restes », interprété par les médias comme un enterrement intentionnel, alimente le scepticisme. C'est l'hypothèse la plus plausible selon les auteurs parmi cinq scénarios : pas de traces d'habitation (absence de déchets, obscurité totale), pas d'inondation (pas de sédiments grossiers), pas d'attaque de prédateurs, et pas de chute collective (fossiles accumulés sur une longue période).

Homo naledi : enterrement rituel ou homicide ? Une hypothèse sceptique sur les fossiles sud-africains

L'âge des 13 individus identifiés – trois nourrissons, trois jeunes juvéniles, un juvénile plus âgé, un quasi-adulte, quatre jeunes adultes et un adulte âgé – diffère des assemblages habituels dans d'autres grottes.

Les auteurs négligent une cause courante de décès chez nos ancêtres : l'homicide involontaire. Des centaines d'études archéologiques montrent un taux élevé de morts violentes. Steven Pinker, dans The Better Angels of Our Nature (2011), compile des données de 21 sites indiquant 15 % de morts violentes. Un article de Science (2013) analyse 148 épisodes de violence chez des chasseurs-cueilleurs, dont plus de la moitié par des actes individuels (accidents, querelles familiales, exécutions).

Les futures recherches sur Homo naledi doivent considérer la violence (combats, meurtres, sacrifices) comme cause de décès et explication de leur présence en grotte. Rappelons l'Iceman Ötzi : découvert en 1991, il a fallu dix ans pour conclure à un homicide après un affrontement. Cet aspect sombre de notre nature mérite d'être pris en compte face à des dépôts de cadavres inexpliqués.

Lire aussi :

* La biologiste Evie Vereecke (KU Leuven) a blogué sur Scilogs à propos des découvertes dans la grotte de l'étoile montante

* Recherche : arbre généalogique humain

* Sediba, mélange invisible de singe et d'homme

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NOTRE ARBRE GÉNÉALOGIQUE COMPLEXE - Évolution humaine

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Les paléoanthropologues ont longtemps supposé une lignée linéaire depuis un ancêtre chimpanzé-like, avec des branches d'hominidés coexistants. Mais des découvertes récentes révèlent d'autres hominidés en Afrique, complexifiant notre arbre généalogique.

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