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Pourquoi les garçons décrochent-ils de l'école secondaire ? Causes et solutions

Les performances scolaires des garçons en enseignement secondaire déclinent dans le monde depuis les années 1990. Pourquoi abandonnent-ils ?

Pourquoi les garçons décrochent-ils de l école secondaire ? Causes et solutions

Depuis les années 1990, les résultats scolaires des garçons en secondaire baissent globalement. En Flandre, 11 % des garçons quittent l'école sans diplôme, contre moins de 8 % des filles. Quelles en sont les raisons ? Comment les remotiver ?

Selon de nombreux pédagogues et neuroscientifiques, le développement cérébral plus lent des garçons expliquerait ce désavantage. Cette idée, relayée par les médias, suscite débats : quel impact réel sur l'apprentissage ?

La majorité des garçons présentent un cerveau typiquement masculin : le développement linguistique est légèrement plus lent, tandis que les compétences spatiales et visuelles s'éveillent plus tôt. Lauk Woltring, enseignant émérite en Youth Care 12+ à l'Université des sciences appliquées d'Amsterdam, spécialiste du comportement et du développement cérébral masculin, explique : « Les garçons associent fortement le langage à des images visuelles et spatiales. Par exemple, évoquer Harry Potter déclenche chez eux visions de sorciers, balais et batailles, avant les émotions. » Chez les filles, le centre linguistique, plus rapide et connecté aux émotions, favorise empathie et expression verbale.

Le « comportement à risque » des garçons peut, plus tard, mener au succès en entreprise.

Vers 13 ans, les écarts sont maximaux : les filles mûrissent plus vite. Mais à 18 ans, les différences intellectuelles s'estompent. Le vrai défi réside dans les comportements impulsifs liés à la testostérone.

Hormones et impulsivité

La testostérone rend les garçons plus impulsifs et mobiles. Ce « comportement à risque », étudié par les universités de Gand, Louvain et Bruxelles, a des effets ambivalents. Mieke van Houtte, sociologue à l'Université de Gand : « L'impulsivité cause des erreurs scolaires, mais forge aussi la résilience. Plus tard, elle propulse les hommes vers des défis entrepreneuriaux victorieux. »

La puberté amplifie ce phénomène, priorisant amitiés et popularité sur les études. Annemarie van Langen, chercheuse à l'Université Radboud de Nimègue : « Les médias dramatise ; tous les garçons ne peinent pas. Facteurs clés : puberté, origine socio-ethnique, système éducatif. Les écarts extrêmes tirent la moyenne vers le bas. » Pour les garçons adolescents, exceller n'est « pas cool » ; les filles équilibrent mieux popularité et réussite.

Avantage féminin dans le système actuel

Notre éducation valorise communication et autonomie, domaines où les filles excellent. Les garçons préfèrent structure et compétition. Woltring : « L'accent sur le langage désavantage les garçons, forts en spatial. Leur énergie active heurte l'environnement scolaire statique. »

La féminisation enseignante ? Aucune étude ne prouve d'impact clair. Mais les styles communicatifs diffèrent : phrases complexes féminines vs. clarté masculine. Woltring : « Les garçons peinent à décoder ; frustration engendre aversion scolaire. Un langage direct, sans subordonnées, convient mieux, avec enseignants masculins comme modèles. »

Éducation séparée : solution miracle ?

Certains prônent la séparation par sexe. Pourtant, recherches montrent : plus de filles en classe boostent les garçons via discipline et motivation. Woltring s'oppose : « Séparer ignore échanges enrichissants. Différences intra-sexe surpassent inter-sexe. » Van Houtte : « Classes séparées homogénéisent abusivement ; variabilité individuelle prime. »

Patrick Remmerie, directeur du lycée Zusters Maricolen à Maldegem, sépare temporairement : « Pour bien-être, pas résultats. Professeurs fermes (hommes ou femmes) pour garçons ; réunion dès année 2 favorise interactions. »

Les enseignantes emploient phrases plus longues, moins claires pour garçons.

Stimuler par compétition et variété

Pour remotiver : styles d'apprentissage variés, leçons actives, compétitives. Van Langen : « Anti-école pubertaire dure à contrer ; diversité motive tous. » Woltring : « Valoriser forces, clarifier langage. Déficit linguistique persiste adulte, freinant carrières. »

Focus : développement individuel. Différences sexes existent ; les enseignants doivent les connaître sans les surinterpréter. Ainsi, chaque élève s'épanouit pleinement.

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