Comment vivait le dodo, cet oiseau emblématique éteint de l'île Maurice ? Des scientifiques sud-africains lèvent le voile sur ses secrets.


Pour percer les mystères de cet oiseau, la chercheuse sud-africaine Delphine Angst et son équipe ont analysé 22 ossements provenant de 22 spécimens de dodo. Leur objectif : comprendre le cycle de reproduction, la croissance des oisillons et le phénomène de mue. Les résultats ont été représentés dans un diagramme illustrant les stades de développement.
La saison de reproduction du dodo débutait en août. Après l'éclosion des œufs, les oisillons grandissaient rapidement pour affronter les conditions difficiles de l'été austral en hémisphère sud. Par exemple, les jeunes atteignaient la maturité sexuelle précocement, mais leur développement complet prenait plus de temps. Durant l'été, les cyclones fréquents mettaient leur survie à rude épreuve.
Les analyses des niveaux de calcium dans les os ont révélé que les dodos muait. Ce processus explique les descriptions variées du dodo dans la littérature historique, car la mue altérait leur apparence saisonnièrement. Elle commençait après l'été, en mars, avec le remplacement prioritaire des plumes des ailes et de la queue. Fin juillet, les oiseaux étaient entièrement renouvelés, prêts pour la nouvelle saison de reproduction. Ce cycle se poursuivait jusqu'à l'extinction probable du dodo vers 1690.