Il est courant d'entendre que les personnes menant un mode de vie malsain – obésité, tabagisme, sédentarité, hypertension artérielle ou hypercholestérolémie – présentent un risque accru de démence. Est-ce scientifiquement fondé ?
Des chercheurs de plusieurs pays d'Europe occidentale ont suivi 10 000 personnes âgées en moyenne de 73 ans pendant 8 ans. Durant cette période, 12 % d'entre elles ont développé une démence. Les analyses révèlent que ces personnes souffraient plus fréquemment d'hypertension artérielle ou d'hypercholestérolémie, étaient moins actives physiquement et comptaient davantage de fumeurs parmi elles.
Les auteurs soulignent que les individus développant une démence présentent des facteurs de risque cardiovasculaires plus élevés, moins courants chez ceux qui n'en développent pas. Ils en concluent qu'adopter un « mode de vie sain » pourrait réduire ce risque.
Cette interprétation mérite nuance. Une corrélation, comme entre hypertension et démence, ne prouve pas de causalité. Un facteur tiers pourrait influencer les deux. Par analogie : les gros buveurs de alcool ont un risque accru de cancer du poumon, mais c'est souvent lié au tabagisme concomitant, non à l'alcool.
D'autres études récentes indiquent une baisse des cas de démence et d'infarctus du myocarde, notamment chez les plus instruits. Certains y voient l'effet d'un mode de vie sain. Pourtant, les preuves restent mitigées : traiter l'hypertension n'impacte pas le risque de démence, et les statines n'offrent qu'un effet modeste.
Les données suggèrent qu'un mode de vie sain est associé à un moindre risque de démence, mais une causalité n'est pas établie avec certitude.