Nous laissons des traces chimiques invisibles sur notre smartphone à chaque utilisation. Ces résidus en disent long sur notre quotidien, bien plus que nous ne l'imaginons.

Sur une scène de crime, des objets oubliés comme une clé, un stylo ou un smartphone peuvent appartenir au suspect. Les experts en médecine légale recherchent d'abord des traces biologiques : empreintes digitales ou ADN. Hélas, ces indices sont souvent absents ou incomplets. Même un profil ADN établi nécessite une correspondance en base de données pour identifier une personne.
Les traces chimiques dévoilent le mode de vie
Au-delà des résidus biologiques, nous déposons en permanence des traces chimiques. Contrairement aux empreintes digitales ou à l'ADN, elles ne révèlent pas l'identité, mais informent sur l'hygiène, l'alimentation et les habitudes cosmétiques.
Des chimistes américains ont développé un test prêt à l'emploi pour les experts médico-légaux. Il détecte des molécules issues de cosmétiques comme le parfum ou la crème solaire, même des jours après application. Testé sur les smartphones de 39 volontaires – objets que nous touchons des dizaines de fois par jour –, les échantillons ont été analysés via spectrométrie de masse et une base de données chimique pour identifier chaque molécule.
Applications en médecine légale et en santé
Les résultats sont éloquents : un profil de vie a été établi pour chaque participant, incluant le savon ou shampoing utilisé, les aliments et boissons récents, ainsi que les médicaments pris. Comme les habitudes persistent, ces données aident les enquêteurs dans les impasses.
Cette analyse dépasse la médecine légale. Les médecins pourraient vérifier l'adhésion aux traitements, ou détecter la consommation de tabac ou d'alcool.