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Smartphones et enfants : comment favoriser une utilisation responsable ?

Neuf enfants de 12-13 ans sur dix possèdent leur propre smartphone, avec un accès illimité à des images choquantes et des contacts avec des inconnus. Comment, en tant que parent, guider votre enfant vers une utilisation responsable des technologies ?

Des vidéos d'exécutions par l'EI ont circulé mondialement, atteignant même les yeux des jeunes. À Francfort, un élève de sixième a partagé une telle vidéo via WhatsApp, vue par une centaine de camarades en quelques heures.

"Ce n'est que six semaines plus tard que les parents ont remarqué les cauchemars de leurs enfants", témoigne Günter Steppich, enseignant à Wiesbaden et conseiller au ministère de la Culture de Hesse pour la protection des mineurs face aux médias. Il alerte sur les risques : expositions à des vidéos de torture, films d'horreur ou porno. En Allemagne, 1 enfant sur 20 reçoit des messages indésirables, et 1 sur 10 chez les 12-13 ans.

L'utilisation du smartphone par les mineurs offre de nombreux avantages. Les jeunes apprécient particulièrement la facilité de communication entre eux.

Les smartphones ne sont pas intrinsèquement dangereux. Karin Knop, chercheuse en communication à l'Université de Mannheim, soulignait en 2015 leurs atouts : divertissement (jeux, vidéos, musique), recherches pratiques (horaires, météo) et surtout, communication. "Les enfants valorisent le contact constant avec leurs proches, comme envoyer un SMS à une amie pour lui souhaiter bonne chance", explique-t-elle.

L'étude flamande Apetaart jaar (2018) confirme : tablettes pour les plus jeunes (jeux, films), smartphones dès 12 ans. 80 % des jeunes Flamands utilisent Facebook, Snapchat, Instagram ou YouTube. Ces outils facilitent la planification quotidienne et les échanges avec les parents.

Mais les risques existent : 1 jeune Allemand sur 5 tombe sur des sites non adaptés à son âge ; un autre sur 5 voit des "happy slapping" (gifles filmées). Le cyberharcèlement est courant.

Contacts avec des inconnus

Les filles sont particulièrement vulnérables aux messages d'étrangers : plus d'1 utilisateur de 8-14 ans sur 4 en reçoit en Allemagne. La plupart savent bloquer, et 70 % des jeunes Flamands sont prudents avec les demandes d'amis.

Cependant, certains divulguent infos personnelles ou organisent des rencontres. "Les pédophiles rôdent via les chats de jeux comme Quizduell ou Clash of Clans", avertit Steppich. Testez : un pseudo de jeune fille attire vite des messages. Solution : éducation stricte sur la confidentialité.

Les sextos compliquent les choses : 12 % des jeunes Flamands en envoient régulièrement ; 43 % en ont vu sur un téléphone d'ami. Une photo intime peut vite circuler entre écoles.

Photos intimes au pilori

"La prévention est clé : parler aux enfants évite bien des drames", insiste Steppich. Pour Nicola Döring, psychologue à l'Université technique d'Ilmenau, les sextos consensuels sont normaux à l'adolescence, mais leur diffusion non autorisée est inacceptable. Changeons les mentalités : la victime n'est pas coupable.

Les plus grands problèmes ? La distraction constante et le FOMO (peur de rater quelque chose).

Distraction et FOMO pèsent lourd, selon Knop. Une étude britannique (Przybylski, Essex) lie FOMO à un faible sentiment d'appartenance.

Privation de sommeil

La distraction perturbe devoirs et sommeil : les ados "connectés" dorment moins, risquant dépression et anxiété.

'Même sans notification, on vérifie toutes les minutes.'

L'autodiscipline est essentielle, un trait qui mûrit à l'adolescence mais chute sous l'impulsion. 1 jeune Flamand sur 5 s'agite sans son téléphone.

Enfants accros aux écrans ?

Pas de consensus sur la "dépendance". Les adultes donnent l'exemple : enfants imitent. Markus Appel (Würzburg) insiste : contenu adapté à l'âge dès le plus jeune âge. Les apps ne sont pas pires que les livres, sauf tactilement.

'Personne ne parle de dépendance aux livres d'images.'

Surveillez jusqu'à 10 ans. Dès quel âge smartphone sûr ?

La peur des "zombies" est exagérée

Les "digital natives" ne sont pas isolés : ils communiquent via écrans tout en jouant dehors. Appel : pas de preuves de préjudice développemental. Steppich conseille d'attendre 14 ans, mais prône dialogue et contrat (pas à table, lit ou devoirs).

En 2016, sa lettre aux parents de Wiesbaden a reçu 1000 soutiens. Éduquez pour un usage équilibré.

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