En 2017, Facebook a partagé dix conseils avec les utilisateurs de 14 pays pour mieux identifier les fausses nouvelles. Affichés en haut des fils d'actualité pendant un mois, ils ont aussi été publiés dans des journaux aux États-Unis et en Inde. Des politologues de l'Université de Princeton concluent que ces astuces incitent à douter de l'exactitude des titres mensongers.
Les chercheurs ont ciblé les États-Unis et l'Inde, touchés par des campagnes de désinformation sur Facebook. Dans une étude en ligne impliquant plus de 9 000 Américains et 4 000 Indiens, les participants ont évalué la fiabilité de titres variés : issus de médias de qualité ou populaires, connus ou obscurs. Un groupe a reçu les conseils de Facebook au préalable, comparé à un groupe témoin sans recommandations.
Les participants exposés aux conseils se sont montrés plus méfiants envers les faux titres que le groupe témoin. Ils étaient aussi meilleurs pour distinguer vraies et fausses nouvelles. Le score des Américains a progressé de plus de 26 %, et celui des Indiens hautement instruits de plus de 17 %. Sans conseils, 32 % des faux titres ont été jugés « très exacts » ou « plutôt exacts » par les Américains ; avec conseils, ce taux tombe à 24 %. Les conseils ont rendu tous les titres légèrement moins précis aux yeux des participants, mais l'effet était plus marqué sur les faux.
Trois semaines plus tard, sans rappel des conseils, les effets persistaient mais s'estompaient légèrement. Les scientifiques préconisent des rappels réguliers pour maintenir cette vigilance.
Les auteurs tempèrent leurs conclusions : les effets restent modestes et non permanents. Les astuces ne garantissent pas une détection infaillible des fake news. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour optimiser la formation des utilisateurs des réseaux sociaux.
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