Mes fils adorent grimper aux arbres, et mon aîné a pratiqué l'escalade murale pendant plusieurs années. Sans peur du vertige, il raffole même du "saut de la mort", une chute libre de quelques mètres en salle d'escalade. À ce jour, ils n'ont jamais subi de chute grave. En tant que mère, j'ai longtemps minimisé les risques.
Cela a changé en lisant le dossier de ce numéro sur les lésions cérébrales acquises (LCA, ou NAH en jargon néerlandais). Une simple chute sur la tête peut transformer votre existence à jamais. Même si une guérison semble possible, de nombreuses victimes ne retrouvent jamais leur pleine capacité.

Le nouveau Psyche&Brain est disponible en kiosque dès le jeudi 28 mai, ou à commander sur notre magasin de magazines en ligne.
Une étude néo-zélandaise révèle que les enfants blessés au cerveau à 5 ans développent des troubles de l'attention à l'école primaire, des problèmes comportementaux vers 10 ans, et souvent un premier contact avec la police à l'adolescence. Si cela ne concerne pas tous les cas, jusqu'à 30 % des récidivistes violents ont subi une LCA. Amsterdam teste désormais les auteurs récidivistes pour détecter ces lésions. Ils nécessitent une prise en charge adaptée : mieux comprendre leurs comportements et rééduquer les fonctions altérées, comme le contrôle des impulsions, pour réduire la récidive.
Vais-je désormais interdire à mes enfants de grimper aux arbres ? Certainement pas !
Tous ceux qui chutent sur la tête ne finissent pas en prison, mais les LCA ont un impact profond. Un jeune homme, tombé par la fenêtre après une fête, a semblé se rétablir. Pourtant, il a dû abandonner son poste d'ingénieur pour un rôle de technicien "plus simple". Ses amis notent un "avant" et un "après" : concentration réduite, impulsivité accrue, mémoire défaillante. Aux Pays-Bas, plus de 200 000 personnes font face à une LCA chaque année, souvent due à une chute, un AVC ou un infarctus cérébral. Moins de la moitié reprend son travail. L'experte Birgit Donker-Cools insiste sur l'importance d'un accompagnement et d'adaptations professionnelles, comme détaillé dans le nouveau Psyche&Brain.
Vais-je interdire la grimpe à mes enfants ? Absolument pas ! Le risque fait partie de l'aventure, et une enfance sans défis n'en est pas une. Espérons qu'une grave chute leur sera épargnée. Touchons du bois ! (Littéralement).