La dépression en elle-même n'augmente pas le risque de décès. Ce sont les modes de vie malsains ou les comorbidités souvent associées qui jouent ce rôle.

Beaucoup de personnes déprimées fument et ont donc un risque accru de mortalité.
Des chercheurs de l'Université d'Amsterdam ont réalisé la plus vaste méta-analyse sur le lien entre dépression et mortalité. Bien que les personnes dépressives présentent un risque de décès plus élevé, trois facteurs remettent en cause l'idée que la dépression soit la cause directe.
L'analyse porte sur 293 études impliquant 3,6 millions de participants et 418 000 décès. Premièrement, un biais de publication est évident : 95 % des études publiées montrent un lien, mais elles sont souvent de faible qualité, avec des échantillons trop petits.
Deuxièmement, la plupart ne contrôlent pas les comorbidités comme l'anxiété ou la consommation de substances, qui pourraient expliquer le risque accru plutôt que la dépression elle-même.
Troisièmement, les participants sont souvent sélectionnés sur des symptômes comme la fatigue ou l'insomnie, qui peuvent provenir d'autres causes, telles que des effets secondaires médicamenteux ou d'autres pathologies.
Les études de haute qualité restantes ne démontrent pas que la dépression augmente directement le risque de décès. Les comportements à risque (tabagisme, alcoolisme, sédentarité) et les comorbidités sont les véritables facteurs, soulignent les experts. Notez que fumer accroît aussi le risque de dépression.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier ce lien. Cette étude a été publiée dans la revue World Psychiatry.