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Seulement 1 à 2 % d'enfants « coucous » par génération en Flandre, et non 10 %

Pipette Eos, le lauréat Maarten Larmuseau, a démontré que chaque génération compte environ 1 à 2 % d'enfants illégitimes.

Seulement 1 à 2 % d enfants « coucous » par génération en Flandre, et non 10 %

Les spéculations abondent sur le « degré de coucou » chez les humains, soit le pourcentage d'enfants dont le père biologique diffère du père légal. Le lauréat Pipette Eos, Maarten Larmuseau, a analysé des études internationales et révélé que ce taux est stable à 1-2 % par génération, loin des 10 % souvent cités.

En 2013, une équipe de généticiens, biologistes et sociologues de Louvain a examiné l'ADN et les arbres généalogiques d'un millier d'hommes flamands. « Nous avons collecté l'ADN d'hommes retraçant un ancêtre paternel entre 1600 et 1850 en Flandre », explique le généticien évolutionniste Maarten Larmuseau. « Nous avons analysé le chromosome Y, transmis de père en fils comme le nom de famille. Si deux hommes partagent un ancêtre paternel au pedigree, leur profil Y le confirme. Sinon, l'arbre légal diverge du biologique. »

Les chercheurs ont vérifié minutieusement les arbres généalogiques pour écarter les erreurs. « En Flandre, le résultat est clair : seulement 1 % d'enfants coucous par génération, un taux stable depuis 400 ans. »

Ce faible pourcentage a suscité des débats. « On compare souvent aux mésanges charbonnières (10 % de faux descendants) ou aux tests de paternité en labo (5-10 %), non représentatifs de la population. Ainsi naît le mythe des 10 %. Certains invoquent l'origine catholique de la Flandre ou l'absence de contraceptifs, sans preuves. »

Les chercheurs de Louvain ont élargi l'étude : des données en Flandre, Italie, Espagne, Mali et Afrique du Sud confirment 1-2 % sur des siècles. Le mythe des 10 % est infondé. Biologiquement, le lien parental humain est fort en raison des investissements élevés en éducation. Socioculturellement, l'infidélité comporte des risques comme le divorce ou l'exclusion. Note : nos travaux portent sur les enfants illégitimes, non sur l'infidélité relationnelle.


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