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La migraine n’est pas une maladie, mais un trouble cérébral : explications du neurologue Koen Paemeleire

Les personnes souffrant de migraines ne sont pas malades à proprement parler. Il s’agit d’un système de douleur perturbé dans le cerveau, explique le neurologue Koen Paemeleire, professeur à l’Université de Gand.

La migraine n’est pas une maladie, mais un trouble cérébral : explications du neurologue Koen Paemeleire

Quiconque souffre de migraines n’est pas vraiment malade. C’est un dysfonctionnement du système de douleur cérébral.

La douleur est un signal d’alarme indiquant des dommages corporels. Mais parfois, elle survient sans lésion réelle, comme lors d’une migraine où aucun traumatisme crânien n’est en cause. « Le système de gestion de la douleur remplit alors une autre fonction que d’alerter sur des dommages. La migraine agit comme un programme qui impose le repos », précise le Pr Paemeleire.

Qu’est-ce qui dysfonctionne dans le cerveau d’un migraineux ?

« Il présente une excitabilité anormale. Les migraineux sont hypersensibles à la lumière vive ou aux odeurs. Leur cerveau capte plus d’informations sensorielles et rencontre des problèmes énergétiques plus rapidement : les réserves s’épuisent vite en raison d’un apport énergétique suboptimal. »

La migraine comme trouble cérébral : une approche nouvelle ?

« L’ancienne théorie la considérait comme une céphalée vasculaire liée aux vaisseaux sanguins. Or, les pulsations suggèrent cela, mais c’est inexact. Il s’agit d’un trouble neurovasculaire originaire du système nerveux, impliquant notre système d’alarme. »

« Ce dysfonctionnement cérébral provoque des crises, dont les symptômes ne sont que des sous-produits. »

Qu’est-ce qui déclenche une crise ?

« Le stress est un déclencheur classique, non pas psychologique, mais lié à la consommation énergétique et au traitement cérébral des informations. Sauter un repas prive le cerveau d’énergie : mangez et ralentissez pour prévenir. La privation de sommeil est néfaste, car il est essentiel à la récupération cérébrale. Des crises peuvent être évitées par des repas réguliers, la gestion du stress, une hygiène de sommeil et l’évitement de la caféine, de l’alcool et du tabac. »

L’interview complète de Koen Paemeleire est à lire dans le nouveau numéro de Psyche&Brain 2020.


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