Le cartilage d'une épaule réagit différemment à la charge que celui d'un genou, selon une étude menée sur des kangourous.

Le cartilage d'une épaule réagit différemment à la charge que celui d'un genou.
Le cartilage articulaire est un mince tissu élastique qui recouvre et protège les extrémités des os, permettant aux surfaces osseuses de nos articulations de glisser facilement et sans douleur. Malheureusement, ce cartilage s'use avec l'âge ou un stress excessif, et sa capacité d'auto-guérison est limitée. En cas de dommage grave, les chirurgiens doivent souvent remplacer l'articulation par une prothèse.
Les prothèses actuelles ne reproduisent pas toujours pleinement la mobilité de l'articulation originelle. C'est pourquoi des chercheurs, notamment ceux de l'Université de technologie du Queensland à Brisbane (Australie), explorent de meilleures alternatives. Ils se sont concentrés sur le cartilage de l'épaule, moins étudié que celui du genou, et particulièrement vulnérable chez les athlètes ou les personnes âgées souffrant d'arthrose.
Faute de cartilage humain facilement accessible, l'équipe a utilisé celui des épaules de kangourous. Ces animaux, de taille similaire à l'humain, se déplacent souvent sur deux pattes et utilisent leurs pattes avant de manière proche de la nôtre (saisie, frappe).
Les scientifiques ont testé la réaction du cartilage à la charge en le compressant avec une barre arrondie, avant et après dégradation enzymatique des protéines clés : protéoglycanes et collagène. Résultats : dans l'épaule, le collagène protège principalement contre la charge ; dans le genou, ce sont les protéoglycanes. Cela souligne l'importance d'adapter les matériaux des prothèses à chaque articulation.
Publiée dans Applied Physics Letters, cette recherche ouvre des perspectives pour des prothèses plus efficaces. (ev)
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