FRFAM.COM >> Science >> Histoire

Le paludisme a ravagé l'Empire romain : preuves ADN irréfutables dans des squelettes antiques

La Rome antique a été construite sur des marécages asséchés. Il n’est donc pas surprenant que le moustique du paludisme s’y soit senti chez lui.

Le paludisme a ravagé l Empire romain : preuves ADN irréfutables dans des squelettes antiques

Le paludisme, ou « fièvre des marais », reste l’une des maladies les plus mortelles au monde. Chaque année, environ 500 000 personnes succombent aux graves accès de fièvre provoqués par le parasite Plasmodium falciparum, la forme la plus virulente. Les victimes sont principalement des enfants de moins de cinq ans et des personnes immunodéprimées, dans les régions tropicales. Les survivants souffrent souvent des années des séquelles du « paludisme chronique ».

Le moustique vecteur a disparu d’Europe, mais il en allait autrement chez les anciens Grecs et Romains. Les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps une endémie, basée sur des descriptions de fièvres récurrentes par les guérisseurs. Anecdote : on attribuait autrefois la maladie à des « miasmes », d’où son nom.

Preuve tangible

Une équipe internationale de chercheurs italiens apporte enfin la confirmation. Dans les dents de squelettes exhumés de trois cimetières romains (débuts de notre ère, apogée de l’Empire), ils ont détecté de l’ADN mitochondrial de P. falciparum.

Au total, les chercheurs ont analysé les restes d’une soixantaine de Romains, dont dix enfants.

Seulement deux individus présentaient des traces du parasite. Cela ne signifie pas une rareté de la maladie : P. falciparum séjourne surtout dans le sang et les organes, rendant sa présence dans les dents exceptionnelle.

[]