Des chercheurs américains ont réussi à protéger des volontaires contre le paludisme grâce à un nouveau vaccin innovant.

Des chercheurs américains ont développé un vaccin expérimental qui protège efficacement les sujets testés contre le paludisme.
Le paludisme, causé par des parasites Plasmodium transmis par les moustiques, a touché environ 220 millions de personnes en 2010 selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Plus de 650 000 décès ont été recensés cette année-là, principalement chez les enfants.
Dès les années 1970, des études ont montré qu'il était possible de conférer une immunité en exposant des personnes à des moustiques irradiés portant des parasites atténués. Cependant, extraire et traiter ces parasites pour en faire un vaccin viable – suffisamment affaiblis mais encore immunogènes – s'est avéré complexe. Les scientifiques américains ont franchi cette étape.
Ils ont isolé des sporozoïtes, forme immature du parasite Plasmodium présente dans les glandes salivaires des moustiques et injectée lors de la piqûre. Après irradiation, ces sporozoïtes ont été administrés par voie intraveineuse à des volontaires, ensuite exposés à des moustiques infectants. Résultats : aucun des six sujets ayant reçu cinq doses n'a été infecté. Chez les neuf sujets vaccinés avec quatre doses, six étaient protégés. À titre de comparaison, cinq des six témoins non vaccinés ont contracté la maladie et ont été traités immédiatement.
Ce vaccin surpasse un autre candidat vaccinal avancé, qui repose uniquement sur une protéine du parasite plutôt que sur des sporozoïtes complets. Son principal inconvénient : l'administration intraveineuse, plus complexe en conditions de terrain qu'une injection intramusculaire classique. Les chercheurs qualifient ces résultats de « très prometteurs », mais insistent sur la nécessité d'essais plus larges pour évaluer la protection contre divers souches de parasites et la durée d'immunité. (ddc)