Cultiver un foie complet à partir de cellules cutanées : en théorie, c'est désormais envisageable. Cependant, transformer quelques cellules hépatiques en un organe vital transplantable reste un défi majeur. Les chercheurs en biomédecine progressent néanmoins vers ce Graal de la transplantation.

La voie vers des foies cultivés in vitro reste longue, mais la recherche démontre l'absence d'obstacles fondamentaux à l'obtention d'un foie transplantable.
Les patients souffrant de maladies hépatiques graves manquent cruellement de bonnes nouvelles. Les foies de donneurs décédés sont rares, et aucun appareil médical ne peut, comme en cas d'insuffisance rénale, suppléer temporairement les fonctions vitales de l'organe.
C'est pourquoi la recherche s'acharne à « cultiver » des foies en laboratoire, non à partir d'embryons humains ou animaux – évitant ainsi des problèmes éthiques et immunologiques –, mais à partir des propres cellules du patient. Les biologistes savent désormais reprogrammer des cellules cutanées en cellules souches pluripotentes, puis en cellules hépatiques.
Cependant, une simple boîte de Pétri ne suffit pas : un foie fonctionnel requiert vaisseaux sanguins et tissus de soutien. Heureusement, une greffe de petit fragment hépatique peut souvent régénérer l'organe, grâce à sa capacité unique de croissance.
Une équipe de biologistes cellulaires américains a récemment reconstitué la « carte » du développement embryonnaire du foie chez la souris, identifiant les interactions cellulaires et l'expression génique clé. Ils ont notamment mis en lumière un signal crucial synchronisant le développement des cellules vasculaires et hépatiques.
La route vers des foies cultivés in vitro est encore longue, mais ces avancées confirment l'absence d'obstacles insurmontables à la production d'organes transplantables en laboratoire.