Les personnes intelligentes ne sont pas moins racistes ; elles dissimulent simplement mieux leurs préjugés, selon une étude américaine menée par l'Université du Michigan.

Les individus les plus intelligents ne sont pas moins racistes : ils cachent plus efficacement leurs préjugés.
Des chercheurs de l'Université du Michigan ont analysé les données de plus de 20 000 Blancs américains. Ils ont correlé leurs capacités cognitives, évaluées via un test d'intelligence verbale, avec leurs attitudes envers les Afro-Américains et les lois anti-discrimination. L'âge moyen des répondants était de 47 ans.
À première vue, les Blancs les plus intelligents paraissent moins racistes : ils condamnent les quartiers ghettos, soutiennent les écoles mixtes et s'opposent fermement à la discrimination en milieu professionnel.
Cependant, en pratique, ils rechignent à agir contre le racisme. Ils ne soutiennent pas davantage les mesures gouvernementales anti-racistes que les autres. Certaines initiatives, comme le transport scolaire pour favoriser la mixité des écoles, sont même moins populaires auprès d'eux. Bien qu'ils dénoncent unanimement les quartiers ségrégués, près de la moitié acceptent que les pratiques immobilières discriminatoires envers les Noirs ne soient pas sanctionnées par la loi.
Les personnes intelligentes affichent ainsi un fossé entre principes affichés et actions concrètes. Le racisme ne découle pas d'un déficit cognitif ou moral, concluent les chercheurs, mais de la volonté des groupes dominants de préserver leurs privilèges. Les Blancs intelligents, souvent éduqués et aisés, perçoivent toute mesure corrective comme une injustice.
Cette étude a été présentée cette semaine lors du congrès de l'American Sociological Association (ASA).
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