Les habitants de Washburn, dans le Maine, ont vécu un phénomène météorologique fascinant : une inversion thermique par des températures extrêmes de -25 °F (-32 °C) ce week-end. Une épaisse couche nuageuse basse enveloppait la vallée, créant l'illusion d'un sol propulsé vers un ciel onirique.
Comme son nom l'indique, une inversion se produit lorsque le profil vertical de température de l'air s'inverse. Habituellement, les températures diminuent avec l'altitude dans la troposphère, la couche atmosphérique la plus active. La pression plus basse en altitude et la capacité du sol à absorber la chaleur solaire maintiennent l'air chaud en bas. Mais lors d'une inversion, favorisée par une couverture neigeuse et des vents calmes, l'air chaud s'élève au-dessus de l'air froid piégé en dessous. (En 2010, à Twin Cities dans le Minnesota, une inversion record a été observée : 58 °F à 46 000 pieds d'altitude, contre des températures négatives au sol.)
L'air au sol peut se refroidir plus vite que celui des altitudes supérieures, surtout en hiver, comme à Washburn. Les zones basses, notamment les vallées abritées des vents, deviennent des poches d'air froid. L'air chaud monte naturellement, emprisonnant le froid en dessous pendant des jours ou des semaines. À l'interface des couches, humidité et particules condensent, formant des nuages bas.
Une inversion se produit lorsque la température se réchauffe avec l'augmentation de la hauteur. Vu visuellement ici à Washburn ce matin, où la température était de -25F à l'époque. La vapeur montante ne s'est pas rendue bien loin avant qu'elle ne soit plus froide que l'air qui l'entoure, elle a donc coulé dans la vallée de la rivière à la place. #MEwx pic.twitter.com/aJu57kMJCn
— NWS Caribou (@NWSCaribou) 21 janvier 2022
Ces inversions offrent des vues époustouflantes, idéales pour des photos mémorables. Cependant, elles ne sont pas toujours bienvenues : elles piègent smog et pollution locale, comme à Salt Lake Valley (Utah) ou Bogus Basin (Idaho), touchée par un avis de qualité de l'air en janvier.
En cas d'incendies de forêt, elles aggravent les risques respiratoires. On recommande alors d'éviter les feux de bois en ville et les pulvérisations de pesticides en agriculture. Les zones urbaines en montagne sont particulièrement vulnérables en raison de leurs émissions polluantes favorisant la condensation.
