Imaginez-vous revenant dans un bureau inoccupé depuis des mois de télétravail. Le lundi matin, encore ensommeillé, vous buvez un verre d'eau au robinet ou à la fontaine. Erreur potentielle : cette eau pourrait être contaminée au cuivre, stagnante depuis la pandémie.
Une étude récente publiée dans PLOS Water le 9 mars confirme un problème croissant : dans les bâtiments vides longtemps, métaux et micro-organismes s'accumulent dans la plomberie.
Les scientifiques et ingénieurs environnementaux recommandent des mesures simples pour éliminer ces risques. Des solutions plus avancées peuvent aussi améliorer la qualité de l'eau à long terme.
Historiquement, la qualité de l'eau était étudiée à l'échelle municipale, comme les canalisations en plomb urbaines. Mais ces dernières années, l'attention s'est portée sur les bâtiments individuels.
"Quelque chose s'accumule dans la plomberie", explique Treavor Boyer, ingénieur environnemental à l'Arizona State University, non impliqué dans l'étude.
Lorsque les bâtiments sont inoccupés, l'eau stagne, corrode les tuyaux et libère des métaux comme le cuivre ou le plomb.
Les traitements au chlore des fournisseurs d'eau s'estompent, favorisant la prolifération de micro-organismes comme Legionella, responsable de la légionellose par inhalation.
Tous les bâtiments ne sont pas identiques : infrastructures variées, traitements (chlore ou chloramine), plomb dans les vieux édifices urbains.
Le cuivre affecte foie et système digestif ; le plomb est bien plus toxique, comme à Flint, Michigan.
Legionella est dangereuse par inhalation (douches), surtout dans les bureaux verts avec douches pour cyclistes, note Ryan Richard, ingénieur environnemental ex-Arizona State.
La contamination varie par bâtiment. Andrew Whelton (Purdue University) a analysé un bureau écologique en Indiana : conservation d'eau ralentit le flux, favorisant la croissance bactérienne.
"L'eau stagnante crée des conditions idéales pour la biologie", dit Boyer. "Les bâtiments verts posent un défi unique."
Les niveaux de cuivre et plomb ont explosé, tracés à une colonne montante dépassant les normes EPA.
"Accéder aux bâtiments pour des échantillonnages répétés est ardu", note Kelsie Cassell (Yale), non impliquée.
Legionella présente, mais pas L. pneumophila, principale cause de légionellose.
Cette étude pré-COVID anticipe les fermetures prolongées. Richard et Boyer ont observé des contaminations similaires dans des écoles vides en Arizona.
Les écoles, fermées l'été, ont déjà des plans de rinçage.
Aucune épidémie majeure post-réouverture, mais vigilance requise, dit Cassell.
Les normes bâtimentaires négligent souvent l'eau. Échantillonnez partout : robinets variés, étages, pour détecter les disparités.
"Un seul point ne suffit pas", insiste Cassell.
Pour nettoyer : rinçage prolongé pour évacuer l'eau contaminée.
À long terme, repenser la plomberie : eaux grises pour WC, comme à Hong Kong avec eau de mer.
"Repenser les systèmes pour plus d'efficacité", conclut Boyer.
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