La Station spatiale internationale (ISS) est habitée en continu depuis le 2 novembre 2000. Quelles réalisations majeures et quel avenir l'attend ?
Parfois, les rêves se concrétisent. Seulement deux ans après la fin de la Guerre froide en 1991, la Russie et les États-Unis ont uni leurs efforts pour construire une station spatiale habitée en orbite terrestre.
Zarya, lancé le 20 novembre 1998, fut le premier module de l'ISS. Quelques semaines plus tard, le raccordement réussi d'Unity à Zarya confirma la viabilité de l'approche modulaire.
Au fil des ans, l'ISS s'est étendue avec des modules supplémentaires, atteignant 109 mètres de long, 73 mètres de large et plus de 400 000 kg. En orbite basse à environ 400 km d'altitude, elle file à 28 000 km/h, effectuant près de 16 orbites par jour autour de la Terre.
Le 2 novembre 2000, l'Américain Bill Shepherd et ses collègues russes Youri Gidzenko et Sergueï Krikalev ont inauguré l'habitation permanente de l'ISS. Depuis, 240 astronautes de 19 pays s'y sont succédé, dont le Belge Frank De Winne, entré le 27 mai 2009. Il fut le premier commandant non américain ni russe.

Au-delà de sa valeur symbolique post-Guerre froide, l'ISS excelle en recherche scientifique et innovation technologique.
Des milliers d'expériences en sciences de la vie, matériaux, physique et climatologie ont porté leurs fruits : avancées en purification d'eau ou traitements contre l'ostéoporose. L'ISS observe aussi le ciel pour le bénéfice des astronomes.
Maintenir une station habitée est onéreux. Navettes spatiales acheminent eau, nourriture, air, pièces et modules pour 3 à 4 milliards de dollars par an.
Le financement est assuré jusqu'en 2030, mais l'avenir reste incertain. La NASA privilégie les bases lunaires et missions martiennes, tout en reconnaissant l'importance de l'ISS pour tester les technologies de survie spatiale.
La solution émerge du secteur privé. Comme rapporté dans notre article sur Crew Dragon, SpaceX et d'autres assurent désormais les liaisons Terre-ISS.
Phil McAllister, ex-directeur des vols commerciaux NASA, plaide pour privatiser l'ISS : « Il est temps de passer le relais au privé pour explorer l'espace profond. »
La NASA s'associe à Axiom Space, qui reliera un module à l'ISS dès 2024. L'avenir prévoit des modules scientifiques et hôteliers pour touristes spatiaux fortunés.
Michael Suffredini, PDG d'Axiom : « Nous posons les bases de la colonisation spatiale, au-delà de la Terre. »
Pour l'instant, observez l'ISS à l'œil nu via des sites comme spacepage.be.
À l'occasion des 20 ans, la NASA a publié une vidéo sur YouTube.
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