Le monde semble-t-il tourner autour de vous ? Vous pourriez souffrir d'une forme courante de vertige. Découvrez des solutions pour vous soulager efficacement.
Alfred Hitchcock a popularisé le terme dans son film emblématique Vertigo, mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, le vertige n'est pas une peur des hauteurs. Il s'agit d'une sous-catégorie d'étourdissement, désignant les malaises liés au mouvement.
Les médecins classent les étourdissements en trois catégories : la présyncope (sensation de faiblesse ou perte de connaissance), le syndrome de déséquilibre et le vertige, défini comme une illusion de mouvement en l'absence de déplacement réel. Les sensations varient d'une personne à l'autre : pour certains, le monde tournoie autour d'eux ; pour d'autres, c'est eux qui tournent.
Les organes de l'équilibre, situés dans l'oreille interne, sont souvent en cause. Environ 40 % des personnes connaissent un étourdissement au cours de leur vie, et parmi elles, jusqu'à 42 % souffrent de vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB), la cause la plus fréquente de vertiges d'origine otologique. « La durée médiane d'un épisode de VPPB est de deux semaines », explique le Dr Matthew Bromwich, chirurgien oto-rhino-laryngologiste et professeur adjoint à l'Université d'Ottawa. « Pendant cette période, regarder vers le haut, se retourner ou se pencher provoque un tournis de quelques secondes à quelques minutes. C'est irritant et potentiellement handicapant. »
L'oreille interne abrite des capteurs de gravité (organes otolithiques) et de rotation (canaux semi-circulaires). Le saccule, membrane gélatineuse parsemée de cristaux de carbonate de calcium, détecte l'accélération via des cellules ciliées qui informent le cerveau de la position et de la vitesse corporelle. Les canaux semi-circulaires, remplis de fluide, perçoivent les rotations. Le VPPB survient lorsque ces cristaux se délogent, envoyant au cerveau des signaux erronés de rotation.
Chez une personne sur dix de plus de 60 ans, l'âge et l'usure naturelle sont responsables. Le VPPB est aussi fréquent après un traumatisme crânien (accident de voiture), qui déloge les cristaux ou provoque une inflammation. Les infections de l'oreille interne augmentent également le risque.
Le VPPB n'entraîne pas de complications graves, mais ses symptômes sont inconfortables. Bonne nouvelle : il est facile à traiter. « Les patients peuvent souvent s'auto-diagnostiquer », note le Dr Bromwich. La manœuvre de Dix-Hallpike consiste à s'allonger tête pendante hors du lit. Si un tournis apparaît en tournant la tête à droite, le VPPB touche l'oreille droite ; à gauche, l'oreille gauche. Cette manœuvre ne s'applique qu'au VPPB. Consultez toujours un médecin pour un diagnostic précis.
Trois options existent. Les sédatifs comme l'Ativan masquent les symptômes sans traiter la cause. La chirurgie est rare, réservée aux cas invalidants récurrents. Pour 95 % des patients, la manœuvre d'Epley est le traitement le plus efficace, une procédure non médicamenteuse récente. Une étude américaine montre que les patients consultent en moyenne trois médecins et dépensent 2 600 $ US avant d'y accéder.
« La manœuvre d'Epley repositionne les cristaux dans le saccule », décrit le Dr Bromwich. Elle ne prend que quelques minutes. Le Dr Bromwich a développé l'application iPhone DizzyFix pour guider les médecins, simulant un labyrinthe basé sur l'anatomie de l'oreille. Un appareil homecare approuvé par Santé Canada, portant le même nom, permet aux patients de l'effectuer seuls. Le taux de récidive atteignant 60 %, ces outils sont précieux.
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