FRFAM.COM >> Science >> Santé

Vaginose bactérienne : 30 % des femmes en sont porteuses sans le savoir

Une femme sur trois développera une vaginose bactérienne (VB) au cours de sa vie. Pourtant, la plupart l'ignorent, alors que cette infection peut diminuer les chances de fertilité et accroître les risques d'infection par le VIH et d'autres IST.

Crédit : CHAjAMP/Shutterstock

Qu'est-ce que la vaginose bactérienne (VB) ?
Le vagin abrite un microbiome délicat, influencé par l'alimentation, les vêtements ou l'hygiène. La VB survient quand l'équilibre bactérien est perturbé : les lactobacilles, bonnes bactéries conférant une acidité protectrice, diminuent, favorisant les bactéries pathogènes. Explication de la Dre Jill Rabin, codirectrice d'un programme de santé des femmes à New York.

La VB est-elle courante ?
C'est l'infection vaginale la plus fréquente chez les femmes de 15 à 44 ans. Environ 30 % d'entre elles (près d'une sur trois) en sont atteintes… sans le savoir !

Quelles sont les causes de la VB ?
Les facteurs exacts restent méconnus, mais un nouveau partenaire sexuel, les douches vaginales et le tabagisme augmentent les risques, selon la Dre Donnica L. Moore, présidente de Sapphire Women's Health Group. Évitez bombes de bain et poudres effervescentes. (Découvrez 13 choses que votre vagin aimerait vous dire.) Nombreuses VB surviennent sans ces facteurs.

Autres facteurs de risque ?
La vitamine D pourrait jouer un rôle. Une étude préliminaire de l'Université de Pittsburgh lie faible taux de vitamine D à un risque accru de VB chez les femmes blanches, via un système immunitaire affaibli. Plus fréquent chez les femmes à peau foncée en raison d'une moindre synthèse solaire. Des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Symptômes de la VB ?
85 % des cas sont asymptomatiques (CDC). Sinon : odeur de poisson et pertes vaginales abondantes, selon la Dre Caroline Mitchell (Massachusetts General Hospital). Irritation, brûlures urinaires ou démangeaisons possibles. Consultez un médecin pour un diagnostic précis, sans présumer une mycose.

La VB est-elle une IST ?
Non, mais les rapports sexuels favorisent son apparition, précise la Dre Mitchell. Rare chez les non-sexuellement actives. Pas de traitement pour le partenaire nécessaire, mais protégez-vous toujours des IST.

Les hormones influencent-elles la VB ?
Oui : chute d'œstrogènes réduit les lactobacilles, augmentant les risques en grossesse et ménopause (Dre Rabin). 15 signes de la ménopause.

Traitement de la VB ?
Antibiotiques oraux ou vaginaux (Dre Rabin). Chez les ménopausées, œstrogènes locaux utiles. Essentiel en grossesse pour éviter prématurité ou faible poids de naissance.

Diagnostic ?
Microscopie des sécrétions, pH vaginal élevé ou test ADN (Dre Rabin). Pas toujours de microscope en cabinet.

Dépistage systématique ?
Non, sauf symptômes ou écoulements visibles (Dre Rabin).

Danger d'auto-traitement comme mycose ?
Retarde le diagnostic sans aggraver, mais évitez (Dre Rabin).

Conséquences non traitées ?
Risque VIH doublé par inflammation ; altère fertilité, PID ; en grossesse : fausse couche, prématurité (Dre Mitchell).

Probiotiques ?
Utiles en prévention/traitement, surtout avec antibiotiques. Lactobacilles oraux ou yaourts probiotiques, post-sexe ou quotidiennement si récidives (Dre Rabin).

À lire aussi :

Gynécologue : 19 questions qu'on n'ose jamais poser !

170 millions de femmes souffrent de cette maladie invalidante

9 signes que vous ovulez

Adapté de rd.com : 30 Percent of Women Have This Down-There Infection

[]