FRFAM.COM >> Science >> Santé

Ne vous culpabilisez pas pour les excès festifs : la science vous donne raison

Manger abondamment pendant les fêtes est souvent décrié. De Thanksgiving au Nouvel An, les conseils pullulent pour éviter la prise de poids : petites assiettes, versions « saines » des plats traditionnels, ou encore élimination des friandises et comptage des calories. Pourtant, psychologues et épidémiologistes alertent : cette frénésie de restrictions peut causer plus de tort que de bien.

Qualifier les aliments festifs de « malsains » reflète une vision culturelle américaine, peu liée à la santé réelle. La culpabilité qui en découle peut même nuire à long terme. Si vous ressentez le besoin d’« expier » vos plaisirs récents, repensez d’abord à ces idées reçues.

Les risques de prise de poids hivernale sont exagérés. Selon une étude de 2017 publiée dans le Journal of Obesity, la moyenne est de 0,4 à 0,9 kg (0,9 à 2 livres). Or, le lien entre surpoids et mauvaise santé reste fragile. Indulger au lait de poule ou aux biscuits quelques jours n’est pas une menace vitale.

Même conscient de cela, un excès de riches et sucrés peut inciter à une « réinitialisation ». Les fêtes sociales rendent les régimes difficiles : refuser un cookie ou un verre de vin est ardu. Pourtant, les repas festifs ont des atouts santé. Une étude de 2017 dans Adaptive Human Behavior and Physiology montre que manger en groupe renforce le bien-être, élargit le réseau social et réduit les risques de maladie. Les dîners arrosés favorisent chaleur et liens.

Les bioéthiciens de Johns Hopkins soulignent la valeur des aliments caloriques : ils expriment amour, identité et liens communautaires, souvent via des plats jugés « malsains » (Kennedy Institute of Ethics Journal).

Cette binarité « sain/malsain » n’est pas universelle. Des psychologues de l’Université de Pennsylvanie ont interrogé 947 Indiens, Français et Américains (Appetite). Les Français et Indiens classent par « nourriture/boisson », les Américains par « sain/malsain ». « Ce n’est pas sensé », dit Paul Rozin, professeur de psychologie.

Rozin note que les Français voient la nourriture comme une expérience plaisante (Appetite, 1999). Ils associent moins à la santé, ont moins de maladies cardiaques et vivent 4 ans de plus. Prioriser le plaisir ne nuit pas.

Des psychologues néo-zélandais ont lié association gâteau-chocolat à « célébration » ou « culpabilité » sur 18 mois. Les « célébrateurs » maintiennent mieux équilibre et poids stable.

« Parler d’aliments interdits n’est pas sain », dit Roeline Kuijer (Université de Canterbury). La culpabilité active le stress, favorise les troubles alimentaires.

L’alimentation intuitive ignore « sain/malsain » : écoutez faim, satiété, sensations. Études montrent moins de surconsommation, moins de stress, plus de satisfaction corporelle.

« La nourriture est culturellement et émotionnellement profonde », dit Susan Mason, épidémiologiste (Université du Minnesota). Profitez-en en écoutant votre corps.

Post-fêtes, traitez gâteau comme légumes : mangez si faim, arrêtez si rassasié, observez sans jugement. Si ballonné, rééquilibrez fruits/légumes, limitez alcool/sucre – sans extrêmes.

Reconnectez-vous à la faim : grignotages festifs la masquent. Manger pour plaisir est ok, mais conscience motive l’équilibre.

Que vous adoptiez l’intuitif ou non, punir par « nettoyage » est contre-productif. Les fêtes boostent santé via joie sociale. « Manger festif n’est pas le problème », dit Mason. « Mangez, puis stoppez quand rassasié. »

[]