Le paléoanthropologue américain Jeremy DeSilva remonte des millions d'années en arrière pour explorer ce qui nous distingue fondamentalement en tant qu'êtres humains : la bipédie.

En 2016, l'abattage de l'ours Pedals dans le New Jersey a suscité un tollé. Non pas par principe – les ours noirs y sont courants –, mais en raison de sa particularité : une blessure l'obligeait à se déplacer sur ses pattes arrière, lui conférant une allure presque humaine qui l'a rendu célèbre sur Internet.
De nombreuses vidéos montrent encore des animaux debout, mais notre espèce reste la seule à se locomoter exclusivement sur deux jambes. C'est cette bipédie qui nous définit comme humains, argue Jeremy DeSilva dans son ouvrage First Steps.
Nous nous distinguons des autres mammifères par notre conscience de soi, notre langage, notre usage de la technologie et notre capacité artistique. Tous ces traits découlent de notre adoption de la station debout, il y a plusieurs millions d'années.
DeSilva offre un panorama complet et accessible de l'évolution humaine, débutant il y a 5 à 7 millions d'années en Afrique. Parmi les figures emblématiques : Toumaï (Sahelanthropus tchadensis), l'enfant de Taung (Australopithecus africanus) et Lucy (A. afarensis). La bipédie a propulsé Homo sapiens, mais avec des coûts : accouchements difficiles dus au bassin étroit, instabilité posturale favorisant les chutes, et usure prématurée des genoux et du dos.
Pour y remédier, l'humanité a développé tolérance, coopération et altruisme. DeSilva conclut sur une note optimiste.