Une avancée majeure en IRM permet de visualiser en 3D les structures musculaires complexes et les lésions avec une précision inégalée.
Cette technique révolutionnaire en IRM, basée sur l'imagerie par tenseur de diffusion (DTI), offre une analyse détaillée des muscles pour les athlètes de haut niveau et les patients souffrant de maladies musculaires.
Développée par Martijn Froeling de l'Université de technologie d'Eindhoven (TU/e) en collaboration avec l'Academic Medical Center (AMC) d'Amsterdam, cette méthode améliorée de DTI exploite le mouvement des molécules d'eau dans les tissus vivants. Les muscles, composés de fibres orientées, dirigent différemment le déplacement de ces molécules selon la direction des fibres, permettant une visualisation tridimensionnelle fine. Elle détecte ainsi des lésions microscopiques dans des structures complexes, car les fibres endommagées altèrent ce mouvement.
Dans une étude pilote, Froeling a examiné les cuisses de coureurs de marathon : une semaine avant, deux jours après et trois semaines après l'épreuve. Les dommages musculaires post-marathon étaient clairement visibles et quantifiables. Même après trois semaines, les lésions persistaient à l'imagerie, malgré l'absence de douleurs ressenties par les athlètes. La technique excelle aussi pour imager précisément le plancher pelvien féminin, structure musculaire complexe, aidant au diagnostic de pathologies comme le prolapsus utérin.
L'AMC d'Amsterdam et la TU/e l'appliqueront désormais dans deux études cliniques : sur le syndrome post-polio et l'amyotrophie spinale. (ks)
