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Casque de ski : un modèle cher n'est pas forcément meilleur qu'un bon marché

Selon les experts médicaux, un casque de ski sauve bel et bien des vies, mais sa protection a des limites.

Casque de ski : un modèle cher n est pas forcément meilleur qu un bon marché

Les accidents tragiques de deux skieurs néerlandais et celui de Michael Schumacher ravivent le débat sur le port du casque à ski. Les médecins confirment que le casque de Schumacher a évité une mort immédiate. Incontestablement, il sauve des vies, mais avec des limites.

En Autriche seule, 38 amateurs de sports d'hiver décèdent chaque année, les blessures à la tête étant la cause principale. L'exemple de l'actrice Natasha Richardson en 2009 illustre le risque : une lésion cérébrale fatale après une chute sur une piste débutante, boostant ainsi le port du casque.

"Les études le prouvent : un casque protège", affirme le Pr Jos Vander Sloten, expert en biomécanique à la KU Leuven. "Bien sûr, il a ses limites, comme chez Schumacher. À titre de comparaison, Dan Wheldon, pilote automobile britannique, est mort à 300 km/h malgré une voiture parfaite."

Les casques s'améliorent sans cesse

Depuis plus de dix ans, le Pr Vander Sloten étudie les protections crâniennes à la KU Leuven, en collaboration avec le service de neurochirurgie. Son collègue, le Pr Jan Goffin, précise : "Les casques progressent grâce à de nouveaux matériaux. Actuellement, un casque cher n'offre pas de meilleure protection qu'un modèle abordable : ils utilisent les mêmes matériaux. Seul le matériau compte vraiment."

Fracture du crâne dès 20 km/h

La plupart des lésions cérébrales proviennent d'une fracture du crâne, comme chez Schumacher et Richardson. Ces fractures surviennent souvent aux tempes, où l'os est fin (1-2 mm). "À 20 km/h, une chute latérale sur un rocher suffit", note le Pr Goffin. Une artère proche peut causer une hémorragie critique, exerçant une pression fatale sur le cerveau en 30 minutes. Une intervention rapide est vitale.

Un casque bien ajusté protège contre les fractures, à condition d'être porté bas. Il n'élimine pas tout risque.

Syndrome du bébé secoué

Les traumatismes diffus résultent d'accélérations brutales, comparables à un freinage d'urgence en voiture : le cerveau heurte le crâne. Ce risque dépend de la vitesse (20 vs 100 km/h). Un casque absorbe le choc, mais la survie varie selon l'impact.

Les Pr Vander Sloten et Goffin conseillent un casque à tous les skieurs, plus des protège-poignets. "Soyez prudents : évitez les risques et consultez un médecin après une chute."

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