La chirurgie pour soigner un ménisque déchiré peut s'avérer inutile.

La chirurgie arthroscopique du ménisque n'apporte pas d'avantage significatif par rapport à un simple programme d'exercices et de rééducation, d'après une étude rigoureuse menée par l'Université d'Helsinki.
Après la chirurgie de la cataracte, l'arthroscopie du ménisque est l'une des interventions les plus courantes. Le ménisque, petit disque de cartilage amortissant et stabilisant le genou, est pauvrement vascularisé, rendant la guérison spontanée rare en cas de déchirure. Lors de cette procédure mini-invasive, le chirurgien incise légèrement le genou pour retirer la partie lésée du ménisque, censée soulager la douleur et les symptômes.
Dans cette étude randomisée en double insu, 146 patients âgés présentant une déchirure méniscale dégénérative ont été répartis en deux groupes. L'un a bénéficié d'une arthroscopie réelle, l'autre d'une intervention placebo : même incision, mêmes gestes, mais sans excision du tissu endommagé. Ni les patients, ni les kinésithérapeutes, ni les chercheurs ne connaissaient l'attribution des groupes.
Un an plus tard, les améliorations étaient similaires dans les deux groupes. 93 % des patients opérés réellement et 96 % de ceux sous placebo déclareraient choisir à nouveau ce traitement. Conclusion : l'arthroscopie n'est pas supérieure à l'absence d'intervention.
Selon le chercheur principal, Raine Sihvonen, les exercices et la rééducation constituent le traitement optimal, améliorant le confort des patients tout en réduisant les coûts. Cette étude a été publiée dans The New England Journal of Medicine en 2020 (a).