Les conséquences de la violence psychologique sur les enfants sont aussi graves que celles des violences physiques ou sexuelles.

Les conséquences de la violence psychologique sur les enfants sont aussi graves que celles des violences physiques ou sexuelles.
Insultes graves, brimades, coercition, humiliation, menaces, rejet ou isolement par les parents : ces formes de maltraitance psychologique peuvent transformer la vie d'un enfant en enfer. Selon une étude de l'American Psychological Association (APA), elles entraînent souvent des troubles mentaux plus sévères que les abus physiques ou sexuels. Les experts appellent à accorder plus d'attention à cette maltraitance dans la formation des thérapeutes, les programmes de prévention et les traitements.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 5 600 jeunes ayant subi des abus. Un quart d'entre eux n'a connu que des violences psychologiques, tandis qu'un tiers a aussi subi des abus sexuels ou physiques. Tous présentaient anxiété, dépression, faible estime de soi, symptômes de stress post-traumatique et idées suicidaires, mais ces effets étaient particulièrement marqués chez les victimes de violence psychologique. La dépression, les troubles anxieux, les problèmes d'attachement et la consommation de substances étaient fortement corrélés.
Malheureusement, cette violence reste souvent invisible, sans marques physiques sur la victime. « Ce n'est pas un tabou aussi fort que les abus physiques ou sexuels », explique Joseph Spinazzola, responsable de l'étude au Trauma Center de Brookline. « Des campagnes de sensibilisation sont nécessaires pour alerter sur ses effets dévastateurs. » Publiée en 2020 dans la revue Psychological Trauma, l'étude s'appuie sur des questionnaires et entretiens menés entre 2004 et 2010 auprès d'enfants et de thérapeutes. (lg)
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