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Coqueluche : pics épidémiques en hausse, immunité vaccinale en déclin et besoin d'un nouveau vaccin

L'immunité conférée par les vaccins actuels s'estompe rapidement, tandis que la bactérie Bordetella pertussis gagne en résistance. Un nouveau vaccin s'impose pour contrer cette menace.

Coqueluche : pics épidémiques en hausse, immunité vaccinale en déclin et besoin d un nouveau vaccin

En 2014, plus de 1 200 cas de coqueluche ont été diagnostiqués en Belgique, marquant une année épidémique. Cette tendance à la hausse persiste depuis plusieurs années, y compris dans d'autres pays européens. L'immunité vaccinale diminue avec le temps et la bactérie responsable est devenue plus résistante aux vaccins existants.

Les infections touchent de plus en plus adolescents et adultes. Les nourrissons, trop jeunes pour être vaccinés, sont particulièrement vulnérables. Les parents et proches jouent souvent un rôle clé dans la transmission aux bébés, pour qui la maladie peut être fatale en l'absence de vaccination adéquate. La coqueluche est une infection respiratoire grave causée par la bactérie Bordetella pertussis.

Des études britanniques démontrent que vacciner les femmes enceintes protège efficacement les nouveau-nés. En Belgique, cette stratégie est appliquée en fin de grossesse. Les Pays-Bas évaluent l'introduction d'un programme similaire.

Un succès mitigé

Avant le vaccin des années 1940, la coqueluche terrorisait les populations. La bactérie B. pertussis produit une toxine qui paralyse les ciliums pulmonaires, empêchant le nettoyage des voies respiratoires. Le mucus s'accumule, provoquant des quintes de toux violentes pouvant mener à des convulsions ou des lésions cérébrales.

Depuis les années 1960, la vaccination systématique des nourrissons aux Pays-Bas et en Belgique a drastiquement réduit la mortalité : de 200 décès annuels à un seul cas dans chaque pays.

Cependant, le vaccin initial à base de bactéries entières générait des effets secondaires (fièvre, gonflements, rares encéphalites). Dans les années 1970, Suède et Japon l'ont abandonné. Une étude britannique de 1981, contestée par la suite, a alimenté les craintes et un mouvement antivaccinal. James Cherry, pédiatre et expert vaccinal à l'Université de Californie, note : « Les effets secondaires étaient tolérés face à la mortalité antérieure effroyable. »

La plupart des enfants malades avaient été vaccinés, mais la protection n'était plus suffisante.

Les chercheurs ont développé un vaccin acellulaire, utilisant des protéines purifiées pour minimiser les réactions. Introduit aux États-Unis en 1992, en Belgique en 2001 et aux Pays-Bas en 2005, il est administré à 8-12-16 semaines, puis à 15 mois, avec rappels ultérieurs.

Protection insuffisante

Les doutes sur la durabilité de l'immunité acellulaire se confirment : épidémies aux États-Unis (Californie 2010, autres États en 2012). Tom Clark des CDC décrit une « escalade en cascade » tous les 6-10 ans post-vaccination. Les rappels tardifs échouent chez les adolescents.

Comparaisons montrent une meilleure protection avec l'ancien vaccin entier. Depuis les années 1990, les cas augmentent dans les pays à forte couverture vaccinale : Flandre (14 à 209 cas, 1998-2008), épidémies néerlandaises tous les 3 ans, pic belge en 2012.

Frits Mooi, expert au RIVM néerlandais, confirme : « Le déclin immunitaire est clé, mais ses mécanismes restent méconnus. »

Vers un nouveau vaccin ?

Mark Sawyer, pédiatre californien, plaide : « Il nous faut un meilleur vaccin. » Mais le développement coûte cher, sans population non vaccinée pour tester l'efficacité.

L'ACIP américain privilégie la vaccination des enceintes pour cocooner les nouveau-nés. Bien que les cas augmentent, la létalité diminue grâce aux vaccins actuels, protégeant contre les formes graves.

Les experts insistent : maximiser les rappels chez adultes et adolescents pour protéger les vulnérables. « Nous ne tirons pas le meilleur du vaccin actuel », conclut Sawyer.

Cet article est une mise à jour de la publication dans Eos n°11, novembre 2013, et Eos Weekly.


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