Après avoir savouré la bûche de Noël et défait le bouton du haut de votre pantalon, votre corps s'active pour traiter cet excès de calories.

Les fêtes de fin d'année riment avec traditions familiales et repas abondants. Une fois la bûche de Noël engloutie et le pantalon déboutonné, l'organisme gère cet afflux calorique.
Manger trop peut survenir même en vacances, provoquant une indigestion : une satiété inconfortable due à un estomac surchargé. Cet organe, de la taille d'un poing et extensible jusqu'à 1,5-2 litres (voire 4 litres dans les cas extrêmes), se remplit aussi d'air avalé avec les aliments et boissons gazeuses comme le champagne. Un rot soulage cette pression. Hormones comme le PYY ou la leptine signalent alors au cerveau la plénitude gastrique.
Quand le sphincter œsophagien s'ouvre pour évacuer l'air, du contenu acide peut remonter, irritant l'œsophage non protégé. « Les brûlures d'estomac sont généralement bénignes, pas une menace grave », explique le Dr Stuart Spechler, professeur de gastro-entérologie à l'UT Southwestern Medical Center. « Tout aliment savoureux, surtout gras, favorise le reflux : il ralentit le vidage gastrique, surcharge l'estomac et affaiblit le sphincter. »
Post-repas, la glycémie monte avec les glucides transformés en glucose. Le pancréas libère plus d'insuline pour l'acheminer vers les cellules. Les muscles absorbent acides aminés, mais le tryptophane (viande, fromage) gagne le cerveau, boostant la sérotonine et induisant somnolence.
Ces effets varient selon sensibilité gastrique, âge, médicaments, aliments et vitesse d'ingestion. Manger lentement réduit la pression. Un corps sain récupère vite, mais les excès répétés augmentent les risques de diabète de type 2 et de prise de poids.
Les fêtes s'accompagnent souvent d'alcool, détendant l'atmosphère mais troublant l'esprit via la circulation sanguine. Les femmes, plus légères et moins dotées en alcool déshydrogénase, montent plus vite en alcoolémie. L'acétaldéhyde toxique cause la gueule de bois et la déshydratation diurétique. Un repas copieux ralentit son absorption.
L'alcool freine aussi la digestion. Une étude suisse montre que vin et schnaps après fondue au fromage retardent le vidage gastrique de plusieurs heures, sans aggraver ballonnements ou reflux. Selon Mark Fox de l'hôpital universitaire de Zurich : « Les personnes en bonne santé peuvent savourer leurs traditions festives sans craindre d'inconfort digestif majeur. »
En janvier, regretter les kilos festifs est courant. Résister demande discipline, amplifiée par la pression sociale. Des études de la Fuqua School of Business (Duke University) révèlent que l'on choisit souvent le même snack qu'un inconnu pour éviter d'offenser : 60 % optent pareil si l'autre est en surpoids.
La pression des pairs joue aussi. Une recherche de l'Université de l'Illinois montre qu'à grandes tables avec étiquetage calorique (feux tricolores), moins de calories sont commandées grâce à l'effet groupe. Brenna Ellison note : « Les gens préfèrent des choix alignés sur leurs convives, même caloriques. Mieux vaut entourés d'amis sains que d'aliments light ! » À la table familiale, contrôlez vos portions pour savourer sans excès.
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