Depuis la légalisation de l'euthanasie en Belgique en 2002, les chercheurs ont observé une évolution significative des pratiques.

Le 28 mai 2002, la loi belge sur l'euthanasie a autorisé les médecins à mettre prématurément fin à la vie de patients en phase terminale, sur leur demande expresse et dans un cadre strictement encadré pour protéger les patients.
Augmentation annuelle du nombre de cas d'euthanasie
Le Pr Kenneth Chambaere, du groupe de recherche sur les soins de fin de vie à la Vrije Universiteit Brussel et à l'Université de Gand, a analysé les données de 2003 à 2013. Le nombre de cas déclarés à la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (CFECE) a progressé chaque année : de 235 cas en 2003 (0,2 % des décès) à 1 807 en 2013 (1,7 % des décès). Cette hausse touche tous les groupes de patients, qu'ils soient à domicile ou en établissement.
Extension aux maladies non terminales et troubles psychologiques
Initialement dominée par les cancers en phase terminale, la pratique s'étend désormais à d'autres pathologies. Bien que minoritaires, des demandes émanent de patients atteints de maladies non terminales ou de troubles mentaux. La part des non-cancers est passée de 15,7 % en 2003 à 31,3 % en 2013, principalement des troubles neuromusculaires, cardiovasculaires et neuropsychologiques. Les patients de plus de 80 ans ont vu leur proportion doubler, de 17 % à 35 %.
Selon les experts, cette évolution s'explique par une acceptation sociale croissante, une meilleure information des patients sur les critères élargis et une familiarisation des médecins avec la procédure. La Belgique est le deuxième pays au monde à avoir légalisé l'euthanasie, après les Pays-Bas (1er avril 2002).
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