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Taxe sur la viande rouge et transformée : pourrait-elle sauver des vies et réduire les coûts de santé ?

Des chercheurs de l'Université d'Oxford et de l'International Food Policy Research Institute (États-Unis) ont évalué l'impact de la consommation de viande rouge et transformée (saucisses, bacon, etc.) sur la santé. Ils ont modélisé les effets d'une taxation pour ajuster les prix, en analysant la consommation, les décès associés et les coûts pour l'économie et les systèmes de santé.

« En 2020, la consommation mondiale de viande rouge et transformée serait liée respectivement à 863 060 et 1 533 210 décès. »

La majorité de ces décès est attribuable aux accidents vasculaires cérébraux et maladies coronariennes (suivis du diabète de type 2 et du cancer colorectal). Ils toucheraient principalement les pays à revenu intermédiaire (64 %), élevé (32 %) et faible (4 %). Pour les pays occidentaux, les experts préconisent une hausse moyenne de 20 % du prix de la viande rouge et un doublement pour la viande transformée, afin de compenser les surcoûts de santé.

Les effets attendus de cette mesure :

  • Peu d'impact sur la consommation de viande rouge (substitution par de la viande transformée) ;
  • Réduction de 25,1 % de la consommation de viande transformée ;
  • Diminution de 22,2 % des décès liés à la viande transformée ;
  • Baisse de 21,7 % des dépenses de santé associées.

En 2020, la consommation de viande rouge et transformée coûterait environ 285 milliards de dollars dans le monde.

Comment interpréter ces résultats ?

En Belgique, la consommation de viande dépasse largement les recommandations. Si elle apporte protéines, vitamines et minéraux, elle contient aussi des graisses saturées selon les types.

L'OMS a établi en 2015 un lien entre viande rouge et risque accru de cancer colorectal, et une association plus forte pour la viande transformée (> 50 g/jour) avec cancers, AVC et diabète de type 2.

Bien que ces modélisations aient des limites, elles invitent à repenser notre surconsommation. Interprétons-les avec prudence :

  • Basées sur des calculs mathématiques, non des observations réelles ;
  • Fondées sur de multiples hypothèses ;
  • Incertitude sur les aliments de substitution (légumes sains ou sucres malsains ?) ;
  • Interactions avec d'autres facteurs (tabac, exercice, alcool, revenus) non pleinement maîtrisées.

Ces conclusions corroborent des études antérieures de l'Université de Gand. Les politiques publiques débattent depuis longtemps de taxes, car information et conseils médicaux ne suffisent plus. L'étude EATWELL montre un acceptation majoritaire des mesures fiscales, si les ménages vulnérables sont protégés. Il est temps d'avancer le débat.

La surconsommation d'aliments transformés, dont la viande, pèse sur la santé individuelle et collective.

Conclusion

Cette étude sur les taxes viande rouge et transformée rappelle les défis de santé publique. Elle suggère que de telles mesures pourraient prévenir de nombreux décès et alléger les systèmes de santé.

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